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30.07.2008
BARELS, SOUVENIRS D'UN VILLAGE FANTÔME
La piété des habitants de cette paroisse (depuis 1802) est également attestée par la présence de neuf oratoires, jumelés à de grandes croix de la passion, répartis le long des chemins reliant les trois écarts. Ces “ pilons ” protecteurs, aux niches décorées d’étranges dessins ocres, étaient dédiés à St Michel, St Etienne, Ste Elisabeth, etc ... chargés d’éloigner les mauvais esprits et d’apporter prospérité et bonheur aux récoltes, bêtes et gens. Si nécessaire, des processions dûment chantées se chargeaient d’éveiller l’attention de ces saints patrons, parfois oublieux de leurs devoirs.
Barrels (avec deux r) est déjà cité en 1270 par le notaire Clary, venu dans ce lieu-dit arbitrer un différent entre les délégués de Guillaumes, Péone, et Châteauneuf : “ Et moi, Pierre Clary, donnant audience dans un pré, assis sur une pierre que je choisis pour banc, ayant Dieu devant ses yeux et invoqué son saint nom en disant In nomine Patris et filii et Spiritus Sancti Amen, ne penchant ni à droite ni à gauche, avec la balance du droit en main, je dis, je prononce et je déclare que la limite sera à la colle de Barrels où je recommande qu’on fasse une croix ... ” Croix qui a traversé les siècles, limitant de 1388 à 1481 la Provence et les terres de Savoie, puis ces dernières et le Royaume de France de 1481 à 1760.
En 1471, les enquêteurs de Roi René recensent cinq feux, soit déjà environ 25 habitants, dans l’entre-deux guerres (au XXème siècle) une moyenne de cinq familles par hameau en totalisera le triple. On dénombre encore 11 résidants en 1975, égarés là avec leurs chèvres à la suite de la révolution écologiste de 1968.
Les témoignages (Mmes Ione Rossi, Charlotte Jusbert) que nous avons recueillis sur l’époque florissante où la vie animait ce village aujourd’hui déserté, reflètent une économie rurale traditionnelle dans un contexte austère et laborieux de frugale autosuffisance.
Les promeneurs qui traverseront ce village éparpillé où croulent les toits de grandes fermes, parfois ouvertes aux quatre vents, pourront peut-être imaginer et à nouveau entendre les échos d’un temps où le travail permettait une existence rude et simple bien éloignée de celle de nos contemporains.
Les Baret, Cason, Lance, Mandine, Toche élevaient leurs moutons à la Palud pour en vendre les agneaux, leurs vaches aux Laves et à Serre y produisant lait et fromage, cultivaient le blé pour leur pain, l’orge pour les bêtes, accueillaient aussi les troupeaux pour les revenus de l’estive.
Chaque famille possédait un cochon, des volailles et un à deux mulets. L’eau nécessaire aux cultures se partageait entre propriétaires, permettant ici comme ailleurs dans les Alpes-Maritimes d’irriguer les campagnes grâce à un habile système de canaux distributeurs patiemment entretenus.
Installée à Serre, l’école s’ouvrait l’hiver pour une douzaine d’élèves dans les années trente. Beaucoup d’enfants de l’Assistance Publique, accueillis dans les familles, offraient à la belle saison une main-d’œuvre agricole et pastorale docile à peu de frais.
Le curé de Châteauneuf venait toutes les deux semaines soulager les consciences et veiller à la paix de ces âmes exilées au bout du monde. Il catéchisait parfois au moulin de la Barlatte, où chacun faisait la moitié du chemin pour s’y rencontrer. Le sentier qui grimpe de ce même moulin vers Barels, situé en altitude 500m plus haut, porte le nom significatif de “ calvaire ”, épreuve que le curé s’infligeait pour aller dire la messe !
Le Moulin de la Barlatte (aujourd’hui restauré tel un musée) fournissait la farine nécessaire au pain que chaque famille cuisait dans son four. Fodéré signale que, dans cette haute vallée, durant les disettes du XVIIIème siècle, on récoltait les baies d’aubépines pour en extraire une pauvre farine après séchage. Il en sera de même pendant les grandes famines de 1816-17 et 1846-47. Plus près de nous en 1942-43, durant l’occupation, les alises, cueillies dans les bois fournissaient également une farine coupe-faim.
Lorsque frappait la maladie, on allait avec le cheval en trois heures de marche jusqu’à Guillaumes pour y chercher le médecin. L’hiver, la neige obligeait à un détour par Châteauneuf allongeant le parcours de plus d’une heure.
C’est à Guillaumes qu’on s’approvisionnait en huile, sucre et café et où l’on vendait aux foires les produits du terroir.
La vie l’hiver, sous la neige, s’égayait grâce aux veillées dans les étables où, à la faible lueur des chandelles, les femmes tricotaient et les hommes confectionnaient des paniers ou des chaussures. On cardait et filait la laine des moutons. La veillée se déplaçait d’une ferme à l’autre regroupant plusieurs familles. Le villageois de retour de Guillaumes, entouré de tous, apportait les nouvelles de l’actualité que chacun commentait. Les contes, avec leurs inévitables histoires de sorcières, de loups et de revenants, pimentaient également ces soirées. Plus tard, l’assemblée chantait avant de déguster pommes, poires, nèfles ou sorbes cuites au four, fruits offerts par les hôtes.
Chacun regagnait ensuite sa demeure dans la nuit glacée par des chemins parfois couverts d’un tapis blanc effaçant la trace des pas. Le dimanche, la veillée devenait fête et l’on dansait au son de la musique aigrelette de l’ariston, sorte de limonaire muni d’un répertoire varié de disques en papier. D’autres jeunes gens, venus en voisins de Tourres (où vivaient trois familles de 9 à 10 enfants), se joignaient quelquefois à ces festivités dominicales. On savourait alors beignets et gances. Les escapades depuis et vers les Tourres ne se faisaient qu’au creux de l’hiver lorsque le neige durcie par le gel pouvait porter le pas des marcheurs.
Ici, comme dans d’autres villages d’altitude, on récoltait les amandes des noyaux brisés des “ affatous ” (les abrignons), petites prunes jaunes. Ces amandes apportées au moulin donnaient une huile comestible d’une grande finesse. Munis d’un maillet et d’une planche trouée, les enfants cassaient les noyaux le soir à la veillée. La fin de cette activité saisonnière était prétexte à une petite fête.
Avant Pâques, on sortait les “ ténébras ”, ces crécelles substituées aux cloches. L’été démarrait le 1er Juillet, par la fête patronale de Sainte Elisabeth. Si l’hiver, la table s’était garnie de raviolis de boudins, aux grandes occasions apparaissaient alors les raviolis de courge et les “ cruis ” (carrés de pâte plissés) à la sauce de noix pilées. On ne craignait pas d’aller festoyer à Roya, village d’outremont (Tinée), atteint par le col de Pal au prix de six heures de marche. Les escarpins de bal étaient alors accrochés autour du cou, pour leur éviter les sentiers rocailleux.
Au plus haut de la Palud, un cadran solaire porte cette devise implacable : “ Crains la dernière ” ; à ces côtés se dresse la ferme des Baret dite “ maison du capitaine ”. Là, un ancêtre - soldat du Second Empire - avait peint sur les murs les armées de Napoléon III défaites à Sedan. Le dernier habitant, natif du lieu, partira avant la deuxième guerre mondiale, alors que débutaient les travaux prometteurs d’une route carrossable depuis Bouchanières.
Les “ Avocats ” (surnom des gens de Barels), réputés plus intelligents que leurs voisins les “ Sorciers ” (ceux de Bouchanières), capables d’utiliser des moyens peu orthodoxes pour aboutir à leurs fins, se sont aujourd’hui dispersés. Après le départ des derniers “ beatniks ”, seul un berger et son troupeau ou quelques randonneurs hantent ce lieu perdu chargé de présence. Si cette évocation du passé vous incite à découvrir ce village “ mort ” dans le Parc du Mercantour, notre but sera atteint.
D’après « Les Légendes et Chroniques insolites des Alpes Maritimes » (Equinoxe-éditions Saint Rémy de Provence), pour commander cet ouvrage dédicacé de 23 € : téléphoner au 04 93 24 86 55.
Avec les "Légendes et Chroniques insolites des Alpes Maritimes", Edmond Rossi, auteur niçois de plusieurs ouvrages sur le passé de son pays, nous offre un recueil d'une centaine de relations confondant la vérité historique et l'imaginaire de la légende.
Pour tous ceux qui désirent connaître non plus une Côte d'Azur artificielle mais une terre de culture et de mémoire, ce recueil constitue une promenade originale puisée aux meilleures sources.
Les Alpes Maritimes possèdent un particularisme né d'un isolement géographique, terre de contraste. Elles offrent une tradition enracinée dans un passé fertile en anecdotes souvent ignorées.
Merveilleux voyage que ces récits qui vont des légendes des origines aux chroniques d'un millénaire de défis naturels, se poursuivant vers des villages du bout du monde pour y traverser un passé où se croisent les silhouettes d'illustres personnages et l'ombre inquiétante des sorcières.
Laissons nous conduire dans les coulisses secrètes de ce théâtre factice qu'est la Côte, vers l'intérieur de ce pays d'Azur, à quelques pas du littoral, pour en découvrir et en pénétrer l'âme.
Pour en savoir plus sur un village typique chargé d’anecdotes et d’images du passé : Cliquez sur
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UN BLOG VIVANT ET INTERACTIF !
Régulièrement mis à jour avec des notes, fruits de patientes recherches, ce blog reflète le passé méconnu, les traditions, la mémoire et la richesse de l’Histoire des Alpes Maritimes.
S’il vous intéresse ne manquez pas de l’inscrire dans vos « Favoris » et de le faire connaître autour de vous.
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23.07.2008
VALLAURIS POSSÈDE UN MAGNIFIQUE CHÂTEAU MÉDIÉVAL
Cité en 972 « in Valle Aurea » (la Vallée d’Or), le lieu sera fortifié en 1138 par un premier château, détruit par la suite par les bandes de Raymond de Turenne.
En 1200, Vallauris est aussi important que Cannes.
C’est à cette époque (1227) que l’abbé Giraud de Lérins donne à une pieuse femme, Aiceline, veuve de Raymond d’Escragnolles, tous les droits de l’abbaye afin d’y construire un monastère qui, trop pauvre, disparaîtra en 1273. Devenu un prieuré dépendant de Lérins, il le restera jusqu’à sa sécularisation en 1787.
Vallauris sera saccagé et rasé en 1390 par les partisans niçois de Duras.
En 1480, la peste ayant anéanti la population, Don Raynier Lascaris, prieur et seigneur de Vallauris, repeuple le village abandonné avec 70 familles originaires de Savone en Italie.
Cette renaissance débouche en 1568 sur l’édification d’un château prieuré à quatre tours dont l’angle gauche jouxte la chapelle romane du XIIIème siècle.
Le château restera propriété de l’abbaye jusqu’en 1790 où il sera vendu comme Bien National.
Devenus moulin à huile, le château et la chapelle, sont enfin acquis par la municipalité et restaurés en 1973 pour devenir deux intéressants musées.
Le château lui-même se présente comme un édifice massif à deux étages de plan rectangulaire avec aux angles quatre tours rondes coiffées en poivrière, couvertes de tuiles rouges.
Bien conservée, cette bâtisse constitue un exemple rare de l’architecture provençale de la Renaissance.
L’intérieur accueille un musée de la céramique.
D’après « Les Châteaux du Moyen-âge en Pays d’Azur » (Alandis-éditions Cannes), pour commander cet ouvrage illustré et dédicacé de 20 € : téléphoner au 04 93 24 86 55 Le Moyen Âge a duré plus de mille ans, presque une éternité ! Aussi, les différences l’emportent largement sur les points communs. Quel rapport entre la Provence romaine, soumise aux déferlements des hordes barbares et celle annexée au Royaume de France de Louis XI ? Terre de passage et de partage, les Alpes Maritimes – ou Provence orientale – sans ignorer ces disparités, conservent les facteurs d’une unité enracinée dans le sol et dans les mentalités. Qu’il s’agisse de la langue latine, de la religion chrétienne, de la construction des états modernes aux œuvres de l’intelligence, cette époque fournit en ce lieu tous les éléments nécessaires pour appréhender dix siècles de cataclysme et de grandeur. La découverte des châteaux et des forteresses médiévales du « Pays d’Azur » (Alpes Maritimes), témoins authentiques des bouleversements de cette période clé n’est pas aisée ; elle constitue pourtant le meilleur moyen de retrouver ces temps disparus. Les plus anciennes constructions datent d’un millénaire ; en parties détruites ou restaurées, elles offrent rarement leur visage primitif, laissant le plus souvent à l’imagination le pouvoir de les faire renaître. L’archéologie de l’âme peut nous aider à retrouver l’image vivante de la chevalerie et des nobles hantant ces demeures oubliées. Elle nous sera restituée grâce à de nombreuses anecdotes émaillant l’austère description des sites. Puisées dans les chroniques et les légendes, elles restituent une vision de valeurs fondées sur l’honneur et la foi. Confronté à l’hostilité et à la violence d’un monde obscur, l’homme médiéval exprimera une part de ses ambitions et de ses craintes par des ouvrages défensifs. Ces orgueilleux édifices inscrivent dans le paysage les premières empreintes de l’histoire mouvementée des Alpes Maritimes. Laissons-nous entraîner à la fabuleuse découverte de ces 140 châteaux et vestiges médiévaux présentés avec précision par Edmond Rossi, un niçois passionné par le passé et les traditions d’une région qu’il connaît bien. Il nous offre en plus la part d’imaginaire qui entoure ces vieilles pierres. Rappelons qu’Edmond Rossi est l’auteur de plusieurs ouvrages traitant de l’Histoire des Alpes Maritimes et de la mémoire de ses habitants. Pour en savoir plus sur un village typique chargé d’anecdotes et d’images du passé : Cliquez sur11:13 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : histoire
16.07.2008
UTELLE: LA RONDE INFERNALE !
Animé de la même ardeur, il avait quitté Utelle au petit matin, avec comme future étape Saint Sauveur qu’il atteindrait le soir, au terme de dix nouvelles heures de marche.
Les mulets transportaient sur leurs bâts quelques sacs de sels, du poisson séché et d’autres marchandises recherchées dans la montagne comme du sucre et du café.
En ce 25 septembre 1857, le temps clair encourageait Arthur, bien que seul sur son chemin. En effet, à l’auberge relais de la Croix Blanche il n’avait rencontré aucun compagnon de route possible et cela, bien que la proximité des foires de la Saint Michel soit prétexte à attirer les marchands vers le Haut-Pays.
Dans la montée du col, placé en serre file avec une baguette de genêt, l’homme stimulait les bêtes du geste et de la voix. Les mulets cédaient parfois à la tentation de brouter au passage une touffe de thym, plaisir refusé par leur maître peu enclin à musarder. N’avaient-t-ils pas eu leur lot de picotin à la Croix Blanche où le valet d’écurie s’acquittait toujours avec zèle du soin des bêtes.
Après avoir très vite franchi le col d’Utelle, le chemin plongeait sur le versant sauvage du vallon des Carbonnières plus de cinq cent mètres plus bas, pour aboutir à la chapelle Sainte Elisabeth, avant de grimper à nouveau jusqu’à la Tour.
Placé dans l’ombre froide de l’ubac, sous de sinistres barres de roches grises, ce quartier conservait une mauvaise réputation, après avoir été dans un passé récent le théâtre de fréquentes attaques de Barbets, détrousseurs de voyageurs.
De plus, la proximité des bois où s’abritaient les loups favorisait de toutes aussi dangereuses rencontres.
allait sans dire que les marcheurs empruntant ce parcours accéléraient le pas, pour s'écarter d’une menace évidente, entretenue et amplifiée par les témoignages des victimes d’attaques répétées.
Arthur, habitué de cette course, faisait confiance à Sainte Elisabeth, patronne du lieu, pour le protéger lui et son équipage, il ne manquait jamais de la remercier, plus bas, à la chapelle qui lui était dédiée.
parvenu à peu de distance du hameau abandonné des Carbonnières, Arthur dût insister de la voix et du geste pour faire avancer ses bêtes. Pressentant quelque chose d’anormal, le muletier, mis en éveil, observa attentivement les alentours.
Quelle ne fut pas sa surprise de voir apparaître sortant du bois, sur la rive opposée du vallon, une horde de loups bondissant à toute hâte, pour venir à sa rencontre avec l’évident désir de l’attaquer lui et sa cavalerie !
Arthur réagit avec célérité pour forcer ses bêtes à reprendre la descente, afin de rejoindre au plus vite les proches granges du hameau de Carbonnières. Après une cavalcade éperdue, les mulets effrayés furent promptement poussées dans une étable. L’homme eut tout juste le temps de barricader la porte, que déjà la meute hurlante cernait les abords.
son équipage étant à l’abri, Arthur grimpa à l’étage supérieur pour mieux évaluer la menace et observer ses assaillants. Dissimulé derrière le volet de la fenêtre, il put observer une dizaine de loups de tailles différentes, conduits par un grand mâle.
Un rien désappointé, le groupe renifla la trace des mulets, puis conscients de leur présence dans l’étable gratta à la porte en hurlant pour tenter d’y pénétrer. Effrayées, les bêtes de somme hennissaient en sautant pour se dégager de la longe qui les immobilisait. Leurs cris de terreur excitaient davantage les loups, lesquels, impuissants et fous de colère, entreprirent alors de tourner à la queue leu leu autour de la bâtisse, pour rechercher à tout prix un accès.
Le rythme effréné de leur ronde infernale s’accentua très vite, souligné par de féroces aboiements de colère. Le carrousel échevelé entraînait l’ensemble de la meute, avec pour certains quelques hésitations dues à des marques indéniables de faiblesse.
Les retardataires, à bout de force, tentaient de s’écarter de l’hallucinante sarabande, mais bousculés piétinés et mordus ils furent bientôt assaillis par leurs semblables, avant d’être dévorés faute de mieux.
Arthur assistait médusé au carnage, mesurant le péril auquel il venait d’échapper.
La rage meurtrière qui animait les plus vigoureux paraissait ne plus devoir s’apaiser.
Ni les plaintes, ni les signes de soumission ne semblaient trouver grâce auprès des agresseurs. Poussés par la faim, attisés par la vue et l’odeur du sang, les plus forts égorgeaient les plus faibles. Cette horrible tuerie ponctuée de grognements se poursuivit des heures durant jusqu’à ce que rassasiés les fauves décident de quitter les lieux, en abandonnant les restes de leurs malheureux congénères.
La nuit était fort avancée et seule la lune éclairait de sa lumière blafarde le théâtre de cette abominable tragédie lorsque s’acheva enfin le massacre.
Prudent, Arthur préféra attendre le lever du jour pour reprendre le chemin de La Tour en compagnie de ses mulets. Passant devant la chapelle Sainte Elisabeth, il s’arrêta longuement pour prier et remercier avec une ferveur inaccoutumée, celle à qui il lui paraissait devoir son salut.
D’après «Les Histoires de loups en Pays d’Azur » (Alandis-éditions Cannes), pour commander cet ouvrage illustré et dédicacé de 18 € : téléphoner au 04 93 24 86 55Le loup est de retour en France et plus exactement près de nous, dans le Parc du Mercantour et les Alpes du Sud.
Ce « grand méchant loup », cauchemar de nos nuits d’enfant, traînant dans la mémoire collective des générations de « mères-grand » et de « chaperons » dévorés tout cru, revient cette fois sur notre territoire nanti du statut intouchable d’espèce protégée par le Conseil National de la protection de la nature et la Convention de Berne.
Réhabilité et qualifié de « prédateur indispensable à la chaîne alimentaire et aux rétablissements des équilibres naturels », le voici blanchi de tous ses crimes passés et à venir et toléré aux portes de nos villages.
L’homme encore une fois a décidé du destin de la bête avec sa propre logique.
Pourtant, les souvenirs laissés dans la mémoire de nos aïeux ne sont pas tendres et méritent qu’on s’y arrête.
Les Alpes Maritimes ou « Pays d’Azur », nées de la rencontre des Alpes et de la Provence, offrent un cadre exceptionnel fait de vallées aux forêts sauvages et de villages perchés aux traditions vivaces.
Edmond Rossi, auteur niçois de différents ouvrages sur le passé et mémoire de sa région, présente ici une trentaine de récits recueillis dans les annales de la Provence orientale et du Comté de Nice.
Témoignages authentifiés touchants de vérité, ces textes évoquent les péripéties du loup, dans ce vaste territoire.
Parfois issus d’une tradition orale qui se perpétuait jadis aux veillées, ces contes portaient le plus souvent sur des faits réels, auxquels nos anciens se trouvaient mêlés.
Partons sur la piste mystérieuse de ce grand perturbateur que l’imagination populaire a toujours travesti familièrement de ses propres fantasmes.
A travers les « Histoires de loups au Pays d’Azur » retrouvez les contes de jadis, cette vieille magie des mots qui vous emmène au pays du rêve et de l’insolite.
Pour un temps, laissez-vous emporter vers un passé troublant celui où nos ancêtres vivaient en compagnie du loup avec des rencontres riches d’émotion.
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10:36 Publié dans MEMOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire
13.07.2008
FETE DES GUEYEURS DU 9-08-2008 A SAINT LAURENT DU VAR
L’idée d’une fête des gueyeurs à Saint Laurent du Var a le mérite d’être ancrée dans une tradition historique remontant à l’origine de la cité, bâtie au bord du Var pour en assurer la traversée.
Tout débute voici près de mille ans lorsque en 1005 l’abbé de Saint Véran reçoit une habitation dans un hameau dénommé Varum, sur la rive droite du fleuve, où Saint Laurent s installe par la suite. A cette époque un ermite se rendait chaque année sur les bords du Var avec deux chevaux pour faire passer les pèlerins se rendant à l’abbaye de Lérins.
La création d’un hospice confié à des religieux va poursuivre cette coutume pendant les siècles suivants jusqu’au XVè siècle. « La barque de l’hospice » assurait alors le passage d’une rive à l’autre du Var.
Lorsque Saint Laurent est repeuplé en 1468 par son seigneur l’évêque de Vence, Raphaël Monso, désireux de garantir la sécurité du gué, obligation est faite aux nouveaux venus, de tenir une barque sur le Var pour en assurer le passage. Ces premiers gueyeurs laïques, dénommés « Riveraschi », vont s’organiser en corporation et maintenir leur activité jusqu’au XIXè siècle.
Les gueyeurs disparaîtrons lorsqu’un pont traversera enfin le fleuve de manière définitive en 1864.
Les gueyeurs ont donc marqué le passé laurentin durant plus de huit siècles.
De nos jours leur souvenir se perpétue dans le Vieux Village par une modeste rue portant leur nom, elle relie la place de la Fontaine à la rue des Remparts.
Récemment, en 2000, un rond point au carrefour des rues du 11 novembre, du Point du Jour et de l’Ancien Pont s’est vu paré d’une sculpture représentant une voyageuse à califourchon sur le dos de l’un de ces porte-faix, acteurs glorieux de l’Histoire de la cité.
Aujourd’hui, la fête des gueyeurs commémore dans la joie la mémoire de ces robustes gueyeurs qui durant des siècles portèrent sur leurs solides épaules les riches heures de Saint Laurent du Var.
Edmond ROSSI
SAMEDI 9 AOUT 08
PLACE DE L’EGLISE
De 7 h 00 à 13 h 00 : Marché de produits locaux, légumes, fleurs, fruits, etc.
11h : Visite guidée du Vieux Village avec Louis PellegrinA midi : Apéritif d’honneur suivi de grillades, socca, boissons
14h 45 : « Avec les Gueyeurs » débat animé par l’historien Edmond ROSSI, qui signera ses livres
De 15 h 00 à 16 h 30 : Course et Jeux du gueyeur, pour petits et grands
16h 30 : Démonstration de Pilou, par les champions du Monde
A 17 h 00 : Remise des récompenses
18 h 00 : Procession du St Laurent avec la participation des gueyeurs
18 h 30 : Messe au parc Layet avec la participation des gueyeurs
19 h 45 : Dépôt de gerbes au monument aux morts, cérémonie suivie d’un apéritif d’honneur offert par la Municipalité
20 h 00 ; Bal populaire avec NOSTALGIA : grillades, socca, boissons.
19:20 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire
09.07.2008
ROURE, BALCON DE LA TINEE: DES FOUS, AU CURÉ DEVERGONDÉ ...
Roure, situé dans une sorte d’amphithéâtre perché, s’étale au-dessus d’un à pic dominant la vallée de la Vionène. Exposé plein Sud, il offre une vue panoramique sur la vallée de la Tinée. Roure est surnommé le « balcon de la Tinée ».
Le matin, tout le val de la Tinée est couvert de nuages ressemblant à une mer. Le plus hardi des Rourois de l’époque, croyant que c’était de l’eau fit le pari de se rendre à Marseille. Il décida de plonger, en indiquant que si tout allait bien, il sifflerait afin qu’ils en fassent autant. Malheureusement dérangé, un merle siffla et tous suivirent !
Sur le plateau dominant le village a été construite au XVème siècle, après les épidémies de peste, la chapelle Saint Sébastien et Saint Bernard. Classée monument historique, elle renferme des fresques murales réalisées en 1510 par André de Cella. Il s’agit de six panneaux consacrés à Saint Bernard de Menthon et six à Saint Sébastien. Sur le mur du fond, le Christ sort d’un tombeau en forme de sarcophage. Au-dessous, dans une niche peinte en trompe l’œil, Saint Bernard tient le Diable enchaîné à ses pieds. A gauche, Saint Sébastien est percé de flèches. La fresque dite « des Vices » est unique par son réalisme.
En 1427, le péché de chair fut commis à Roure entre Delphine, femme de Jean Bovis et l’abbé Pierre Blanqui. La communauté, scandalisée par cet acte, demandera 83 ans plus tard à Andréa de Cella, de représenter le châtiment réservé à ceux qui ont fauté par la chair. Cette fresque, où des diablotins noirs chevauchent la malheureuse coupable dénudée, se veut présenter un rôle moralisateur dans ce village comptant alors 480 habitants.
Ce témoignage atteste par delà les siècles de la passion éternelle des hommes et de la pérennité des dangers qu’ils encourent.
D’après « Les Histoires et Légendes du Pays d’Azur », pour commander cet ouvrage dédicacé de 15 € : téléphoner au 04 93 24 86 55.
Des histoires extraordinaires naissent sous tous les cieux, mais seul un cadre favorable les fait éclore.
La situation géographique du Pays d’Azur où les Alpes plongent dans la mer dans un chaos de montagnes et de vallées profondes lui confère déjà un caractère exceptionnel. Les climats qui s 'y étagent de la douceur méditerranéenne de la côte aux frimas polaires des hauts sommets sont tout aussi contrastés. Si l'on ajoute que l'homme a résidé sur ces terres d'opposition depuis ses origines, on ne peut s'étonner de trouver en lui la démesure du fantastique révélée par les outrances du décor.
Cet environnement propice ne devait pas manquer de produire dans la vie de ses habitants une saga où l'imaginaire rejoint naturellement la réalité.
Depuis les milliers d'étranges gravures tracées à l'Age du Bronze sur les pentes du Mont Bégo dans la Vallée des Merveilles, en passant par les fabuleux miracles de la légende dorée des premiers chrétiens, ou les fresques tragiques des chapelles du Haut-Pays, jusqu'aux héroïques faits d'armes des Barbets pendant la Révolution française, longue est la chronique des «Histoires extraordinaires» du Pays de Nice, s'étalant dans la pierre et la mémoire de ses habitants.
Par un survol du passionnant passé de cette région, qu'il connaît bien, Edmond Rossi nous entraîne à travers une cinquantaine de récits mêlant la réalité historique au fantastique de la légende.
Rappelons qu'Edmond ROSSI, né à Nice, est entre autres l'auteur de deux ouvrages d'Histoire appréciés, dont «Fantastique Vallée des Merveilles», d'une étude sur les traditions et le passé des Alpes du Sud: «Les Vallées du Soleil» et d'un recueil de contes et légendes de Nice et sa région: «Entre neige et soleil».
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11:02 Publié dans MEMOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire
02.07.2008
LA VALLÉE DES MERVEILLES : OÙ LES SORCIÈRES RENCONTRENT LE DIABLE
Lorsque, en 1460, Pierre de Montfort, voyageur de la lointaine Touraine, vint s’égarer dans ce site dantesque, il relata ainsi à sa femme le récit de sa visite : « C’estoit lieu infernal avecques figures de diables et mille démones partout taillez es rochiers, peu s’en faut qu’asme ne me faille ».
Déjà le décor était planté dans une odeur de soufre qui ne se démentira pas de sitôt ! Les récits qui s’y succéderont, feront aux veillées frissonner de terreur des générations de montagnards.
Quelques-unes unes de ces légendes, encore vivantes dans la mémoire des bergers tendasques ou des habitants des villages environnants, essaient de donner une explication en rapport avec les noms des lieux.
L’association diable, sorcière, enfer, apparaît d’une manière explicite dans un conte où les Merveilles tiennent encore lieu de toile de fond.
Cette histoire est celle de la Valmasque. Il s’agit d’une série d’enchantements dont usa une sorcière familière des lieux, pour soumettre à sa volonté les paysans et pasteurs des vallées voisines.
Donc, dans un haut vallon des Merveilles, près d’une source, gîtait une sorcière qui hantait la région, chevauchant les crêtes déchiquetées et les roches instables avec la mâle assurance d’un chamois. Ceux qui inconsciemment, traversaient ces quartiers hostiles, l’avaient rencontrée quelquefois, les jours de brouillard ou les après-midi d’orage à la tête d’une troupe de démons espiègles.
En effet, elle retrouvait là-haut bon nombre de sujets cornus, s’activant librement en leur compagnie, dans des jeux destinés à séduire et à duper les pauvres humains égarés.
Elle réussit ainsi à capter la confiance de quelques pâtres voisins, de qui elle exigera, en retour de certaines garanties, quatre beaux moutons, livrables annuellement, pour être sacrifiés dans le lac du Diable, en offrande au Prince des Ténèbres. Les bergers méfiants s’exécutèrent régulièrement afin de ne pas froisser la susceptibilité de cette puissante magicienne.
Un après-midi d’été, un violent orage éclata, les forces du mal se déchaînèrent à un point tel que la sorcière disparut à tout jamais avec ses compères cornus au fond du lac Carbon.
Soulagés de ne plus la revoir, les bons pasteurs durent malgré tout subir ses maléfices. Bêtes et gens, tour à tour, furent la proie d’une fièvre maligne. Certains moururent et il fallut quitter l’alpage, l’eau semblant contaminée. Seul Dieu pouvait conjurer le mauvais sort et rendre la paix à ces malheureux.
On prévint le couvent situé dans la vallée de la Béonia. Le chapelain fit diligence. Averti, le prieur de Saint-Dalmas de Pedona délégua sept moines décidés à prendre les choses en main.
Les saints pères escaladèrent le Bégo et entreprirent d’exorciser ces terres possédées du Démon. Armés de crucifix et d’eau bénite, ils ne négligèrent aucune formule consacrée. Aussi après avoir brûlé les livres et instruments du Mal, ils assistèrent stupéfaits à la disparition de la lumière du jour, masquée par une nuée de corbeaux venus de toute part.
Fuyant en débandade sur les pentes maudites, ils furent tour à tour figés par un éclair et transformés en mélèzes. Fallait-il abandonner la partie après une telle réplique ? Oui, il en fut ainsi pendant de longues années, jusqu’au jour où un ermite s’enhardit à monter vivre aux Merveilles. Par la force de ses prières, il fit reculer le Malin et le chassa lui et ses serviteurs.
Les traces de cette lutte violente sont encore inscrites dans le relief tourmenté de ces vallées où la volonté du saint homme mit en fuite le Démon.
Avant de mourir, le vieil ermite grava un signe mystérieux sur une des pierres de la Vallée des Merveilles. Pendant des siècles, cet exemple sera repris par les bergers qui allèrent chaque été sculpter des motifs sur les roches voisines, en souvenir de ce religieux solitaire. De cette façon, ils lui rendaient grâce d’avoir libéré les alpages du Bégo de ses sortilèges sataniques.
Dans ce récit transparaît, en plus de la malédiction jetée sur ces lieux par le christianisme, une explication des ex-voto repris en compte par la nouvelle religion, après destruction du vieux paganisme.
Les croix tracées entre les cornes de certaines gravures préhistoriques, confirment le souci d’exorciser ces représentations diaboliques, exprimant un culte antérieur qu’il faut neutraliser ou s’approprier à tout prix.
L’antique culte des Merveilles où la sorcière personnifie le grand prêtre sacrificateur de moutons, dégage de puissantes forces redoutées durant des siècles par les populations locales.
Ainsi s’explique cette toponymie faisant place aux maléfices et aux frayeurs diaboliques. Il faut retenir de ces légendes le sens général donné à la démarche des pasteurs, adorateurs tour à tour du grand sorcier immolant ses victimes aux forces naturelles, puis d’un Dieu chrétien difficilement accepté.
La succession des cultes et des pratiques religieuses est restée marquée par la douleur et la violence, comme en témoignent certains passages.
La localisation des faits aux Merveilles et sur le Bégo concentre toute la signification des mythes dans des strictes limites géographiques.
Mais lorsque le Diable est évoqué dans des légendes propres au Pays niçois, sa terre d’exil se retrouve chaque fois circonscrite autour du Bégo.
En voici quelques exemples.
Il y a bien longtemps, les habitants de Belvédère, animés par une foi solide, renforcée par les craintes de voir leurs génisses de la Gordolasque de nouveau menacées par la maladie, décidèrent une grande procession à la chapelle Saint-Grat. Tout le village, crucifix en tête, repoussa inexorablement les puissances du Mal, par de-là le Capelet et la cime du Diable, dans les vallées de l’Enfer et de la « Masque », vers le mystérieux Bégo. Dès lors, les hordes sataniques se répandirent en de perpétuels sabbats, jusque sur les versants opposés, dans les vallées du Caïros et de la Maglia vers Breil-sur-Roya.
C’est dans ce dernier village qu’une brune sorcière aux yeux verts, Malvina, usa de son charme pour éliminer une rivale avec la complicité des forces infernales !
Les messes noires que célébrait la prêtresse en compagnie de quelques possédés se déroulaient dans le cadre du vallon de la Maglia en présence des serviteurs du Diable habitués de ces lieux maudits.
Les récits, développés au début de cet ouvrage, se déroulent dans un territoire plus vaste, celui des vallées du Paillon. Ils mettent en scène les habitants de plusieurs villages de ce canton.
On rapporte que le Diable s’était installé dans ces quartiers, infestant les lieux de ses manifestations intempestives. La légende veut que les mésaventures du Diable se soient accumulées depuis Eze en passant par l’Escarène, Berre-les-Alpes, Contes et Coaraze. Berné, mutilé où pensez-vous que l’Ange du Mal courut se cacher ? En Enfer bien sûr, mais en y pénétrant par un des lacs sombres de la Vallée des Merveilles !
A travers leur côté anecdotique et populaire, ces relations apportent une première révélation. Elle concerne la lutte d’influence au cours de laquelle le christianisme dut repousser pied à pied et dans chaque village un culte opposé au sien.
Religion où le Diable symbolise le contraire de la nouvelle foi qui s’impose. Faut-il y voir les réminiscences des obstacles rencontrés par les premiers apôtres au début de la christianisation des Alpes Maritimes ? Cette évangélisation progressive des populations paysannes du Pays niçois semble avoir rencontré une certaine résistance.
Une autre contestation réside dans la localisation précise de la Mecque de l’ancien culte où se replie le Démon : La Vallée des Merveilles.
Là, convergent toutes les vieilles croyances païennes, travesties pour la circonstance des oripeaux du Diable. S’agit-il d’une simple coïncidence ou bien les mentalités conservaient-elles encore les souvenirs des grandes cérémonies où tout un peuple communiait dans l’antique vénération du Bégo ?
D’après « Les Aventures du Diable en Pays d’Azur » (Alandis-éditions Cannes), pour commander cet ouvrage illustré et dédicacé de 18 € : téléphoner au 04 93 24 86 55Où mieux rencontrer le Diable que dans les Alpes Maritimes, sur ces terres chargées de contrastes où s’opposent mer et montagne, au carrefour de la Provence et de l’Italie ?
Ici, le Diable est aussi à l’aise sur la Côte d’Azur où s’étalent d’outrageantes richesses que vers l’intérieur où se cachent une humilité austère.
Puits du Diable, Château du Diable, Cime du Diable, longue est la liste des sites, marqués par la forte empreinte de celui qualifié par Bernanos de « Singe de Dieu ».
De Nice, à la Vallée des Merveilles, devenue son « domaine réservé », le Diable hante les villages, plastronne sur les murs des chapelles et persiste à enflammer l’imaginaire de ses habitants.
Il fallait raconter l’extraordinaire aventure du Diable dans les Alpes Maritimes. Grâce à Edmond Rossi, auteur niçois de plusieurs ouvrages sur l’histoire et la mémoire de son pays, cette lacune est aujourd’hui comblée.
Laissons-nous entraîner, à travers les siècles, sur la piste attrayante et mouvementée, de l’éternel et fascinant tourmenteur du cœur et de l’âme.
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