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30.05.2007

SAINTE AGNES UN CHATEAU CHARGE D'HISTOIRE

 LES RUINES DU CHATEAU DE SAINTE AGNES

Situé à 750m d’altitude à une dizaine de kilomètres de la mer, Sainte Agnès « le village du littoral le plus haut d’Europe » rassemble ses maisons au pied d’une falaise calcaire avec laquelle il se confond.

C’est au sommet de cette falaise, dominant le village d’une centaine de mètres que sont implantées les ruines du château médiéval construit dès le VIIIème siècle.

Sa position aux limites du Comté de Provence en fit une place forte, disputée aux Comtes de Vintimille et aux Génois.

La première mention de « Sancta Agneta » date de 1150, celle du château ne le sera qu’en 1170.

Le Comte de Vintimille l’aurait édifié après avoir perdu d’autres forteresses passées sous le contrôle des Génois. Pourtant, la place forte n’aura pas à souffrir des attaques de ces derniers mais de celles de la commune libre de Vintimille, jalouse de ses franchises, elle la prendra d’assaut à deux reprises .

Un autre temps fort de l’occupation du château se situe au XIVème siècle.

Durant cette période de troubles, le château sera fortifié pour servir de base de conquête au Comte de Provence.

En 1344, l’état des garnisons indique l’effectif du château : un castellan, 5 sergents soit 6 hommes et un chien.

La paix  retrouvée, le village se déplace sur son site actuel.

Mais une nouvelle attaque des troupes françaises s’opère en 1592 .

Malgré l’ordre de Louis XIV, donné en 1691 de détruire le château, celui-ci joue encore un rôle défensif lors de la guerre de succession d’Autriche. Pris et repris plusieurs fois, il sera partiellement anéanti à l’issue de ces combats.

Ses ruines vont servir de carrière pour les constructions du village.

Le site du château est l’objet de fouilles depuis 1993.

L’édification du château initial serait, selon la légende, le fait d’un chef sarrasin nommé Haround qui, vers le VIIIème siècle, installa sa flotte au Cap Martin pour écumer la région.

On lui amena un jour une jeune fille, Anna, qu’il mit dans son harem. Mais la captive se refusa à lui pendant longtemps.

Comme elle était d’une troublante beauté, Haround entreprit de la séduire et pour cela accepta de se convertir au christianisme et de l’épouser.

Il s’installa alors sur le site de Sainte Agnès où il fit construire un fort.

D’après « Les Châteaux du Moyen-âge en Pays d’Azur » (Alandis-éditions Cannes), pour commander cet ouvrage illustré et dédicacé de 20 € : téléphoner au 04 93 24 86 55

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23.05.2007

LA DANSE MACABRE DE BAR SUR LOUP

A BAR SUR LOUP : DANSONS AVEC LE DIABLE !

Lorsque pénétra dans la cour du château le messager de la reine Yolande, Bertrand de Grasse se préparait au banquet qui allait suivre son retour de chasse, François de Villeneuve et sa femme dame Silette furent les premiers à le féliciter pour sa promotion au titre de gouverneur. Nous étions en 1417, la reine Yolande, veuve récente de Louis II comte de Provence, assurait la régence, ses quatre enfants étant tous mineurs en droit royal.

La souveraine ne pouvant visiter toutes les populations de son comté, légua ses prérogatives pour les lointaines terres de Vence et sa région à Bertrand de Grasse, seigneur de Bar. Le nouveau gouverneur possédait toutes les vertus et les défauts propres au lion porté sur son blason, plus surprenant encore, il en avait les traits physiques. Une abondante crinière rousse encadrait son visage carré, fendu d’une large bouche surmontée d’un nez épais séparant deux yeux mobiles abrités sous de broussailleux sourcils. Homme jeune et actif, passionné et autoritaire, aimant le luxe et les plaisirs de la vie, Bertrand de Grasse allait remettre en question les droits octroyés par les comtes de Provence, s’attirant les vives inimitiés de ses sujets. Droits de pacage, usage des eaux, chaque fois le gouverneur tranchera de façon arbitraire et impitoyable, provoquant les contestations des gens de Tourrettes, Vence et Saint Paul. Assuré de son pouvoir, Bertrand ira jusqu’à braver l’Eglise, mais là les choses se gâteront.

Le château de Bar, centre de décision, était devenu le rendez-vous de toute la noblesse locale. Chaque occasion y devenait prétexte à fêtes et réceptions brillantes où se distinguait le beau Bertrand, célibataire et jouisseur impénitent.

Après de plantureuses agapes où rôtissaient dans les vastes cheminées bœufs, moutons, agneaux et gibiers, copieusement arrosés par les vins liquoreux de La Gaude et Montaleigne, les convives se lançaient dans des farandoles endiablées rythmées par le tambourin et le galoubet des meilleurs ménestrels.

La brise de la nuit portait jusqu’aux chaumières d’alentour les fumets des viandes rôties et les notes stridentes, mêlés aux cris et aux rires des donzelles lutinées dans les couloirs et les chambres du château.

Au chant du coq, lorsque enfin la paix s’installait avec le jour naissant, le prieur Malerati, après une nuit d’insomnie et de prières, sonnait à toute volée un angélus vengeur, rappelant à chacun ses devoirs de chrétien.

Bertrand, lassé par la mesquinerie de l’homme d’Eglise, convoqua ce dernier et lui déclara sans ménagement : « Cesse de troubler le sommeil des justes, si tu ne veux pas encourir la bastonnade, ici le maître c’est moi ! ». L’autre maugréa des excuses et ne se le fit pas dire deux fois. Dans les jours qui suivirent, Malerati, rancunier, porta l’affaire jusqu’aux oreilles de l’évêque de Vence, Antoine Sabranti, lequel ne donna pas suite, soucieux de ménager le puissant et tyrannique gouverneur.

Nous étions en 1437, le Carême approchait. N’en ayant cure, le beau et léonin Bertrand préparait déjà une grande soirée, célébrant à la fois les fêtes de ses trois  jeunes et jolies cousines, Bernadette d’Agoult, Béatrice de Trans et Isabelle de Cabris. Festoyer pour le Carême ! Pour le prieur la provocation était à son comble ! Ce soir là, l’hôte du château se surpassa, les salles et les chambres décorées de superbes tentures, chauffées par leurs nombreuses cheminées, furent parfumées abondamment aux essences rares de rose, jasmin et violette, les senteurs favorites de ses trois cousines.

Après le bal où les invités se déchaînèrent, enivrés de gaieté et de bon vin, la nuit se poursuivit en jeux galants où chacun pu s’adonner librement à la licence. Une fois de plus, témoin de ces ébats nocturnes, les habitants de Bar et leur prieur, observant pieusement le jeûne, se signèrent plus d’une fois lorsque leur parvinrent du château les rumeurs de ces débordements. Comme à l’habitude, aux premières lueurs de l’aube, tout s’apaisa et, avec le silence retrouvé, chacun put enfin s’endormir.

Hélas, parmi les hôtes du châtelain, certains frappés comme par une étrange malédiction, ne devaient plus se réveiller. L’atmosphère confinée des chambres surchauffées, lourdement chargée d’essences aromatiques, avait entraîné trois d’entre eux dans un sommeil fatal. Parmi les victimes, la douce et tendre Béatrice de Trans, son beau regard noir où brillait pour Bertrand des perspectives tantôt gaies, tendres et moqueuses, tantôt sombres, inquiètes et méfiantes, restait désormais sans vie. Fou de douleur, le malheureux seigneur de Bar s’enfuit dans les gorges du Loup, pour y invoquer la protection de Saint Arnoux. Dans ce lieu sauvage, en signe de repentir, il fit édifier une chapelle à l’entrée de la grotte où avait vécu le saint ermite.

Après cet épisode funeste, devenu un homme anéanti par le poids du chagrin et des regrets, Bertrand le taciturne, torturé à jamais par le souvenir de cette nuit de Carême, vécut solitaire, enfermé entre les murs austères et vides de son château.

Ayant renoncé à sa charge de gouverneur, fuyant les honneurs, il ne recevait aucune autre visite que celle du fidèle Malerati, devenu son confesseur.

Des circonstances toutes aussi tragiques allaient lui fournir l’occasion de racheter sa conduite passée.

En  1462, les nuages assombrissent le ciel de Provence. La reine Yolande meurt à la suite d’une terrible maladie : la peste qui bientôt apparaît dans la région de Vence. L’épidémie se répand en 1463, frappant toutes les demeures des villages du diocèse. Des villes entières sont dépeuplées. Ni Saint Lambert, ni Saint Véran, les saints locaux sollicités par les fidèles ne purent freiner l’impitoyable fléau.

Bertrand de Grasse s’exposera durant des semaines en soignant les malades et en enterrant les victimes. Sa folle témérité l’entraînera dans la mort.

Aujourd’hui, au-delà des siècles, subsiste un témoignage troublant de l’existence tumultueuse du comte de Bar. Il s’agit d’un étrange tableau anonyme sur bois, daté du XV ème siècle, intitulé «La Danse Macabre », exposé dans l’église Saint Jacques, située sur la place du village actuel de Bar-sur-Loup.

On y voit des jeunes gens dansant une ronde maudite, au son du galoubet et du tambourin, avec de petits diablotins posés sur leurs coiffes.

La mort les crible de flèches, plusieurs sont atteints. Au centre un jeune homme s’écroule, déjà un minuscule diable s’affaire sur sa poitrine, pour s’emparer de son âme. A côté, une jeune femme est touchée et tombe, là encore un diablotin attend la fin. A droite, un jeune homme couché à terre exhale son âme, représentée par un bébé, promptement saisi par un diable. Plus à droite, un second diable enfourne une autre âme dans la gueule d’un dragon, représentant l’Enfer. Au-dessus, l’Archange Saint Michel tient une balance dont l’un des plateaux porte une âme. Un troisième diable espiègle tente de faire pencher la balance vers le mal. Plus haut, serein, le Christ montre le Livre, posé sur l’autre plateau où sont inscrites les pensées et les actions.

A l’écart, dans l’angle opposé, des témoins assistent impuissants à cet affligeant spectacle. Sous le tableau, une légende, en trente trois vers monorimes provençaux, souligne d’une façon explicite la moralité de cette scène dramatique.

Cette relation, semblable à une bande dessinée, rappelle en images symboliques, le tragique destin de Bertrand de Grasse, seigneur du lieu.

D’après « Les Aventures du Diable en Pays d’Azur » (Alandis-éditions Cannes), pour commander cet ouvrage illustré et dédicacé de 18 € : téléphoner au 04 93 24 86 55

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15.05.2007

AU NORD DE NICE: UNE CURIOSITE LEGENDAIRE

        A LA TRINITE, LE ROCHER DU PIN

Au Nord de la Trinité, sur la route de Laghet, à environ trois kilomètres, un pin pousse sur un gros rocher en bordure du parapet. La légende rapporte que le culte de Cybèle aurait été célébré ici, dans l’Antiquité, auprès d’un lac aujourd’hui disparu et auquel le ruisseau de Laghet qui le traversait devrait son nom. 

Loin des appétits matériels et vulgaires, les prêtres de la déesse y goûtaient la paix de l’âme dans de fraîches cavernes abritant des lits de feuillages. Il advint qu’un des serviteurs de ce pieux collège céda à la tentation basse et sensuelle de l’amour charnel. Il était jeune et se plaisait à s’attarder au fond des bois où dryades et faunes, joueurs de flûte, s’adonnaient à leurs danses lascives, prémices d’orgiaques mêlées.

Poursuivi par une aguichante et rieuse nymphe, belle entre toutes, il s’enfuit, troublé, ressentant soudain une soif de puissance inconnue, il oublia le voeu de continence pour céder à l’attrait du plaisir.

Longtemps, la déesse feignit d’ignorer l’outrage répété. Une nuit, la passion le faisant sortir de la grotte, il entraîna l’objet de sa flamme sur les bords des eaux sacrées. Le miroir du lac ayant reflété la criminelle étreinte, le courroux de Cybèle, insensible à la radieuse beauté de la nymphe, se manifesta impitoyablement : la coupable fut terrassée dans ses bras. Le prêtre s’enfuit, éperdu de douleur et de remords. Des jours et des nuits durant, le malheureux erra dans ces parages, l’esprit harcelé par l’angoisse du châtiment qu’il sentait peser sur lui. De désespoir, il allait céder à l’attraction d’un gouffre, lorsque la Déesse le métamorphosa en pin.

C’est ainsi qu’à la suite de ce tragique amour charnel, s’élève cet arbre étrange, poussant contre nature sur un énorme bloc de rocher, au bord du chemin conduisant à Laghet.

D’après « Les Légendes et Chroniques insolites des Alpes Maritimes » (Equinoxe-éditions Saint Rémy de Provence), pour commander cet ouvrage dédicacé de 23 € : téléphoner au 04 93 24 86 55.

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09.05.2007

LES TEMPLIERS CHASSES DE BIOT

LA FIN DE L’ORDRE DU TEMPLE A BIOT

La fin du XIII ème siècle est marquée par de graves conflits opposant les Templiers de Biot à leurs voisins, les habitants d’Antibes et de Villeneuve, entre autre à propos des droits d’usage sur le territoire de Clausonne.

Après avoir acquis quelques biens au quartier de Clausonne, proche de Biot, les Templiers virent cette transaction contestée par des habitants d’Antibes, au point qu’il fallut une sentence du 12 décembre 1258, de Guillaume Aicard bailli de Vence, pour faire reconnaître leurs droits.

Confirmation du fief fut faite à Guillaume Clumans, commandeur de Biot, au nom de Bernard de Bellano commandeur de Grasse et Nice. Néanmoins, des incidents vont éclater.

Ainsi, Foulques Bérenger, commandeur de la Maison du Temple de Grasse, Nice et Biot, demande le 4 mai 1286, aux officiers de la Cour de Grasse, d’ouvrir une instruction judiciaire, contre plusieurs habitants d’Antibes, qu’il accuse d’avoir commis, toute sorte de méfaits, dans le castrum et le territoire de Biot.

Le juge de Grasse confie l’enquête au notaire Ambroise, puis s’en dessaisit au profit de l’évêque de cette ville qui lui avait présenté un privilège de juridiction.

Contestant la décision de justice, des habitants d’Antibes organisent le 26 décembre 1286, une expédition punitive contre les Templiers de Biot. Après avoir molesté deux frères, ils s’emparent de plusieurs têtes de bétail qu’ils ramenèrent sur leur propriété.

Selon J.A. Durbec, ils récidiveront de même, le 9 mai 1296, sous la conduite du baile d’Antibes, détruisant les cultures et amenant quelques têtes de bétail.

La Cour de Grasse rendra plusieurs sentences à ce sujet, attestant de la persistance et de la vigueur du conflit.

Une affaire similaire éclate quelques années après, avec des habitants de Villeneuve, certains d’entre eux, ayant été surpris en délit de ramassage de bois dans les forêts de l’Ordre. En représailles, les Villeneuvois s’emparent alors d’une ânesse et de deux bœufs, de la Maison du Temple de Biot.

Invités à rendre les bêtes, ils ne restituent que les bœufs. Aussi, le 17 mars 1298, à la demande du commandeur P. Ricau, le juge de Grasse, Jacques « de Vastalla » écrit à son collègue de Nice, Pierre Bérard, pour le prier de faire rendre, à la Maison du Temple de Biot, une ânesse saisie dans les bois de cette localité.

Les Templiers eurent gain de cause, mais les démêlés rebondirent lorsqu’en juin 1298, le bailli de Villeneuve fait enlever deux hommes du Temple de Biot, circulant sur « le chemin royal », pour les enfermer dans sa forteresse. Un seul ayant été libéré, le frère Pons Ycard demande le 21 juin 1298, à Paul Fabre, viguier de Nice, au nom du commandeur Pierre Ricau, de faire relâcher le prisonnier, homme du Temple que les officiers de Villeneuve détiennent comme otage dans leur forteresse.

En effet, les Templiers enlevés par les Villeneuvois, devaient leur permettre de poursuivre, en toute impunité leurs méfaits, dans le domaine du Temple de Biot.

Devant les lenteurs de la justice, les Templiers de Biot vont suivre l’exemple des gens de Villeneuve et s’emparer d’objets leur appartenant. Cette dernière manœuvre entraîne une sentence immédiate du juge de Grasse, ordonnant aux Templiers de restituer les biens dérobés aux Villeneuvois. Face à une attitude aussi partiale, Pons Ycard fait appel de la décision le 4 septembre 1298.

L’affaire traîne, puisqu’un an plus tard, le 15 septembre 1299, Pons Ycard se présente à Grasse, comme délégué du commandeur devant le sénéchal de Provence Raymond de Lecto. Il lui montre différentes pièces de son procès contre Villeneuve et interjette appel d’une sentence rendue en cette cause, par la Cour de Grasse.

Un mois après, le 29 octobre 1299, le même Pons Ycard s’adresse au lieutenant du juge de Nice, Guillaume de Biot, pour faire transférer dans la viguerie de Grasse, deux hommes qui relevant de la juridiction du Temple, ont commis un larcin à Clausonne et sont retenus dans la forteresse de Villeneuve.

Mais, au-delà de l’imbroglio juridique et des jugements rendus par les Cours de Nice et Grasse, le conflit s’envenime au mois de mai 1300, à l’occasion d’un nouvel enlèvement délibéré, opéré par les gens de Villeneuve, lesquels entraînés par leur propre bailli, raflent 23 juments et 8 poulains dans le domaine du Temple de Biot !

Le 9 mai, Jean Rodolphe, juge de Grasse, expose aux officiers de la Cour de Nice que plusieurs habitants de Villeneuve ont enlevé 23 juments et 8 poulains à la Maison du Temple de Biot. Il les prie de renvoyer les coupables devant sa juridiction et de faire restituer le bétail saisi.

La réponse ne tarde pas et le lendemain, le 10 mai, le juge de Grasse est informé par les chevaliers Bertrand de Regio, viguier et Isnard Rosseto, juge de Nice, qu’ils sont disposés à lui donner satisfaction, mais après avoir entendu les explications de gens de Villeneuve (!).

Ils invitent le frère Pons Ycard à se rendre dans cette localité le jeudi suivant.

L’affaire va remonter jusqu’au sénéchal de Provence Raymond de Lecto qui le 23 mai suivant, écrit au viguier et au juge de Grasse, ainsi qu’au bailli de Villeneuve, qu’après avoir été informé que le bétail du commandeur de Biot avait été razzié, il ordonne aux habitants de Villeneuve de le restituer. Il charge par ailleurs, le juge et le viguier de Grasse, de rendre la justice, non sans avoir fait remettre aux gens de Villeneuve, les gages que la Maison de Biot pouvait avoir pris.

Il semble que le Templier, otage prisonnier de la forteresse de Villeneuve, ne fut pas libéré, on ne sait s’il y mourut ? Seule certitude, le conflit ne trouvera sa conclusion qu’en 1320, réglé alors par le commandeur de l’Ordre  de Saint Jean de Jérusalem, héritier des biens du Temple.

Parallèlement, les Templiers poursuivaient l’acquisition d’autres biens meubles et immeubles, (des terres, des prés) sur le territoire de Biot, les actes précisent les dates de 1235, 1240, 1248, 1277, 1297 et 1301.

Les Templiers de Biot se livrent à une exploitation directe de leur riche domaine. Le commandeur emploi des domestiques attachés en permanence à sa Maison et temporairement, un certain nombre d’étrangers ou de personnes de basse condition, appelés à répondre à des corvées ou à des journées au moment des grands travaux.

Ces employés gardaient avec eux leurs instruments aratoires, absents des maisons templières lors des saisies.

Les meilleures prairies du Temple dans la région, se trouvaient dans la plaine de la Brague où elles feront l’objet d’une exploitation intensive.

Les forêts autour de Biot, comme celle de Clausonne, offraient en plus du bois de pin et de divers chênes (chênes verts, chênes blancs et chênes lièges), de vastes sous bois que le commandeur affermait aux pâtres. Ainsi les troupeaux de porcs divaguaient dans les bois de la Baume.

L’élevage constituait la principale ressource de la Maison de Biot, comme en témoigne les produits de razzias, opérées tour à tour par leurs voisins d’Antibes et de Villeneuve.

Le quartier de la « Cavalerie » rappelle l’existence d’un véritable haras. Le bétail élevé servait aussi bien d’animaux de trait que pour le commerce.

Le recensement de 1308, indique : 22 bœufs de labours et 24 chevaux de trait, 48 bœufs ou vaches et 16 veaux, 56 porcs et 10 pourceaux, 250 chèvres et moutons. J.A. Durbec estime à 70 livres la valeur du gros bétail (équidés, bovins et porcins) saisis le 25 janvier 1308, ce qu’il juge comme une somme importante pour l’époque.

Biot possédait en outre un troupeau d’ovins transhumant l’été à Tende, sous la conduite du berger Aubert Bonnard.

La Maison disposait de 35 ruches et d’une très belle basse-cour.

Parmi les produits des récoltes, signalons, les figues de plusieurs « figayretos », conservées après séchage sur des claies, les olives d’une « olivette » qui après passage au moulin à bras : le « torcular », donnaient une huile conservée dans des jarres.

A son abolition, le domaine de Biot fournit à l’Ordre 704 setiers de blé, 264 d’orge, 176 de méteil, 288 d’avoine, 28 de fèves, 90 setiers de mil et 2 setiers et 1 émine de pois chiche (1 setier valait 48 kilos).

Les 80 « fosserées » de vignobles de ce pays rendaient 50 « saumées » de vin.

40 saumées de vin, réparties dans trois cuves, seront saisies en 1308 (1 saumée valait environ 100 litres).

Au total le domaine de Biot, avec ses 1168 setiers de céréales donne une valeur voisine de 245 livres, équivalait à  9 fois le montant des cens et services en argent, des biens inféodés dans les autres localités de la commanderie (chiffré à seulement 28 livres). Cet ensemble représentait un patrimoine agricole prospère.

A cela, venait s’ajouter les revenus d’un important troupeau de bétail et la production de vin et de fourrage.

A titre de comparaison, sachons qu’un setier de blé représentait une valeur de 5 sous et qu’un bon ouvrier touchait alors annuellement, une somme d’environ 7 à  10 livres (une livre valant 20 sous) pour salaire, nourriture et frais d’habillement. Soit l’équivalent de 40 setiers de blé, ceci établi d’après les archives de l’époque.

Uniquement préoccupé d’accroître l’importance et le rendement de leur domaine, les Templiers se comportent comme des gestionnaires surtout attentifs au profit, ne se souciant apparemment plus, de disposer des moyens les plus élémentaires de défense, contre les rapines commises sur leur territoire par les gens d’Antibes et de Villeneuve.

Leur rôle militaire s’estompe au XIII ème siècle, comme le révèlent deux actes confirmant la distance prise par l’Ordre à l’égard de cette fonction.

Ainsi, Geoffroi de Grasse, commandeur des Maisons de Grasse, Nice et Biot, demande à Foulques du Cannet, le 3 janvier 1248, de venir à son secours, pendant deux ans, en cas de besoin, en échange d’une mule appelée « Pontia » (!).

Le frère Bertrand Sylvestre refusera de payer 30 sous au viguier de Grasse, le 30 décembre 1291, au service des galères, pour assurer la défense de la côte, sous prétexte que sa Maison jouit d’un privilège d’exemption.

Le  24 janvier 1308, avant l’aube, selon l’ordre d’arrestation lancé par le Comte de Provence le 13 janvier précédent, Michel « de Cocharello », viguier de la Cour de Grasse, Pierre de Montagnagol clavaire, P. Rebuffel, notaire et quatre sergents de cette Cour quittent Grasse pour rejoindre Biot. Ils interpellent là, sans la moindre résistance, les frères Hugues Alberge et Jacques Vilglonus résidant au château.

Ils dressent ensuite, en présence de ces derniers, un inventaire complet du mobilier et des biens appartenant à l’Ordre. Le tout est placé en gérance provisoire et confié à frère Guillaume Fraynet, donateur, probablement un religieux de la localité.

L’inventaire du mobilier révèle essentiellement des coffres et des caisses, des ustensiles de ménage variés, une vaisselle dépourvue de couverts (!), la literie limitée à des paillasses sans lit, au total un ensemble de biens rudimentaire, pour la plus riche commanderie de la région !

Pas de descriptif de la Maison, située dans le château, les archives indiquent qu’elle comprenait  la chambre du commandeur, une vaste pièce servant à la fois de chambre, de cuisine et de magasin, une cave, un cachot, une tour et de vastes dépendances avec écuries et étables.

Les Hospitaliers y installeront un oratoire, après que l’édifice leur sera remis, entre 1313 et 1320.

En 1387, le bâtiment sera presque entièrement détruit par les bandes de Raymond de Turenne, lors des luttes opposant les partisans de la Maison d’Anjou et ceux de Charles Duras.

La Maison, tenue par l’Ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, sera reconstruite au XV ème siècle.

Biot cité par J.A. Durbec, comme « le fief du Temple par excellence dans les Alpes Maritimes » ne conserve à son avis, « aucun vestige apparent des maisons et casaux que cet Ordre y trouva en 1209 ou que ses hommes firent construire au XIII ème siècle.

Presque tout a disparu dans les tourmentes qui à partir du XIV ème siècle, ruinèrent entièrement le vieux « castrum de Buzoto ».

Certaines parties de la belle place des Arcades et quelques voûtes sur piliers, non visibles de l’extérieur, peuvent seules être contemporaines du Temple…Le château (la « Maison ou « sala ») ne fut pas construit par les Templiers ». Compris en 1209, dans les biens du Comte dont  la seigneurie passa à l’Ordre, cette forteresse dépendait alors de Raimond de Biot, lequel la vendra à l’évêque d’Antibes en 1227. Les frères du Temple la reprendront en 1233, pour s’y installer peu après comme l’atteste le premier acte de l’Ordre signé sous son portique le 9 août 1246.

Antérieurement, les notaires opéraient en 1211, « devant l’église sous les palmiers » et en 1213, au domicile des tenanciers, à la demande du commandeur.

Laurent Dailliez, dans son « Atlas », situe des biens relevant de la commanderie de Biot à Villeneuve, Valbonne, Saint Julien, Clausonne, Antibes avec une maison dépendance établie à la Brague.

Objet d’attaque et de marques évidentes d’hostilité, les Templiers de Biot apparaissent comme des gêneurs en cette fin du XIII ème siècle qui précède leur arrestation.

Les deux frères qui furent arrêtés à Biot, tout comme ceux de Grasse, seront dirigés à Pertuis, pour y être emprisonnés, nous perdons leur trace après leur transfert à Aix en 1308.

Edmond Blanc, dans son « Epigraphie des Alpes Maritimes », cite la « Tour de Clausonne » ou de « la Chèvre d’Or », comme un authentique vestige templier. Plus prudent, J.A. Durbec n’y voit qu’une construction gallo-romaine, un mausolée massif, utilisé un temps comme oratoire.

En Provence les monuments étranges ou les cavités naturelles associées au mythe de « la Chèvre d’Or », sont sensés dissimuler un magot, accessible à celui qui rencontrera l’animal légendaire, porteur de fortune. La présence templière étant affirmée ici, au voisinage de la plus importante commanderie de la région, le mausolée classé de Clausonne est apparu comme le probable réceptacle, d’un des fabuleux « trésors » du Temple.

Biot, après avoir été partiellement dépeuplé par la peste noire en 1348-50, puis vidé de ses habitants, obligés, sous la menace, de se réfugier en 1367 à La Garde, sera rasé par Raymond de Turenne en 1387, le village ne sera plus au début du XIV ème siècle, qu’un lieu abandonné servant de refuge à des malfaiteurs et des pirates.

Sa renaissance, digne de ses riches heures templières, ne s’opère qu’en 1470, avec la venue de 50 familles de colons, originaires du Val d’Oneglia, dans la proche Ligurie, ceci à l’initiative de ses coseigneurs l’évêque de Grasse pour un tiers et des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, successeurs des Templiers.

D’après «Les Templiers en Pays d’Azur » (Alandis-éditions Cannes), pour commander cet ouvrage illustré et dédicacé de 18 € : téléphoner au 04 93 24 86 55

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02.05.2007

RENCONTRE AVEC L'AUTEUR...

EDMOND ROSSI VOUS ACCUEILLERA ET VOUS DEDICACERA SES LIVRES A L’OCCASION DE LA « 10 EME EDITION DE LA JOURNEE DES LIVRES ET DES ECRIVAINS DU COMTE DE NICE & DE PROVENCE » A SAINT LAURENT DU VAR, PRES DE L’EGLISE, AU CŒUR DU VIEUX VILLAGE, LE SAMEDI 5 MAI  2007 DE 10H00 A 18H00.

 

UN LOUP TROP GOURMAND !

DE SI DÉLICIEUX BEIGNETS !

Cette année là, Mardi gras tombait début mars. Si les journées s’allongeaient facilitant le réchauffement de l’atmosphère, la neige se maintenait encore avec la persistance du gel nocturne.

Il faut dire qu’à Bousieyas, ce hameau perdu au bout de la vallée de la Tinée et le plus haut des Alpes Maritimes, l’hiver s’étalait impitoyable sur plus de sept mois de l’année.

Pour mieux résister, les fermes bien qu’agglomérées constituaient chacune un monde à part, capable de réunir sous le même toit toutes les réserves et les fonctions nécessaires à la vie, y compris l’aire de battage des céréales !

Cette conception garantissait un hivernage confortable, en dépit des forts enneigements.

Les festivités du Carnaval et le Mardi gras, annonciateurs du retour des beaux jours, rompaient à point la monotonie d’interminables mois d’isolement et de solitude.

Le Carnaval, symbole de la fin tant attendue d’une période particulièrement rude pour les montagnards, déchaînait alors la gaîté avec ses chants, ses déguisements, ses danses, ses farces et ses jeux.

L’ensemble de la population, jeunes et vieux, assistait à ces sortes de saturnales où l’on se libérait enfin d’un long engourdissement. La vie reprenait ses droits, bafouant parfois l’autorité en place, pour instituer un règne éphémère mettant pendant quelques jours le monde à l’envers. Le Mardi gras, les choses atteignaient au paroxysme, mais hélas, il fallait tuer le roi de la fête.

A Bousieyas, « Carémentrant » ou « lou Paillassou » (mannequin de paille) serait brûlé sur la place du village, après un dernier tour et le mercredi des Cendres tout rentrerait dans l’ordre avec l’arrivée du Carême.

Le rituel primitif du passage de la léthargie hivernale au réveil printanier de la nature s’accompagnait ici de facéties et de simulacres de combat où le dieu Hiver recevait chaque fois une sévère correction. Divers personnages de blanc vêtus représentaient alors la froidure, avant d’être victimes de jugements fantaisistes ou de farces cruelles à base de suie ou de charbon de bois ! Bal et repas collectif clôturaient en général ces épisodes favorables à la venue de la belle saison.

C’est dans ce joyeux contexte que Cyprien Issautier, venu du village voisin de Saint Dalmas, avait pu retrouver sa promise la fille cadette des Brun, la charmante Jeanne. Les poursuites endiablées dans les ruelles, émaillées de rires et de tendres étreintes, avaient précédé le plantureux banquet servi dans la vaste cuisine familiale des hôtes.

A la fin des agapes, pour égailler l’assistances, Cyprien sortit de son étui sa « viole d’amour » à sept cordes, puis s’assit et joua sur le genou un air guilleret. Le musicien martelait le sol de son pied droit dont la cheville s’entourait de petits grelots rythmant allégrement la mélodie.

Le succès fut tel que bientôt l’assistance, claquant des mains en cadence, se leva pour esquisser quelques pas de danse. Encouragé, Cyprien développa son répertoire, tout en chantant de sa belle voix de ténor, entraînant au refrain le chœur de l’assemblée.

Radieuse, Jeanne souriait, émerveillée par les multiples talents de son prétendant.

Les joues empourprées, elle avait d’abord fredonné timidement, avant de s’égosiller en contre-point de sa petite voix aiguë.

Hélas, toute fête ayant une fin, au matin il fallut bien se séparer. Les anciens avaient sagement initié le départ. Certains rejoignaient le « Poli » (le grenier) pour s’étendre quelques heure sur la paille, d’autres regagnaient leur ferme.

Cyprien, tenu par les soins qu’il devait apporter à ses bêtes, entreprit à regret de reprendre le chemin du retour vers Saint Dalmas.

Jeanne, emmitouflée, l’accompagna en trébuchant sur la neige gelée jusqu’à la passerelle franchissant la Tinée. Un long baiser conclut cette trop courte rencontre. Cyprien conserva encore sur la joue, le froid contact du petit nez de sa douce et tendre, alors qu’elle le quittait enfin pour s’éloigner et n’être plus qu’une lumière vacillante sur le sentier.

La nuit épaisse n’était troublée que par le sourd murmure de l’eau glissant sous la glace.

Cyprien connaissait bien le chemin du retour pour l’avoir cent fois parcouru. Après avoir gravi la rive gauche du vallon de l’Alpe, il contourna la base des escarpements du Rocher du Prêtre de sinistre mémoire.

Cyprien se souvenait de la dramatique histoire du curé Fabron, évoquée avec forces détails dans la douce chaleur des veillées.

Tout avait débuté lors de la sélection des Rosières, par des tête-à-tête prolongés avec Baptistine, la mignonne cadette des Fulconis. De confessions en questions troublantes, Tine, aguicheuse jeune fille aux yeux clairs, avait chaviré le cœur de l’homme d’église.

Le malheureux, incapable de résister au jeu puéril et suggestif de l’adolescente n’avait pu réprimer ses pulsions. Le scandale fut révélé par les sœurs aînées de Tine, mises dans le secret après de flatteuses et naïves confidences.

Lorsqu’un soir il reçut une convocation de l’évêché, le prêtre décida d’en finir en se jetant du haut du rocher qui porte désormais son nom. Au sommet une croix rappelle encore son tragique destin.

Tout en poursuivant ses pensées, Cyprien parvenait au col de Colombière sans trop de dommage, en empruntant les pas laissés dans la neige à l’aller.

L’aube commençait à blanchir l’horizon dominant la haute chaîne des montagnes.

Passant sur le versant sud du col où débutait la descente vers Saint Dalmas, l’obscurité reprit ses droits. C’est alors qu’il avançait à grandes enjambées vers les granges de Rochepin que Cyprien sentit comme une présence. Mis en éveil, il observa les alentours pour enfin entrevoir une inquiétante silhouette, celle d’un loup suivant sa trace. L’homme réalisa très vite qu’il s’agissait d’un loup affamé en quête d’une proie possible.

La bête se rapprochait dangereusement avec des intentions évidentes.

Cyprien accéléra le pas, mais comprit très vite qu’il ne pourrait pas échapper au loup déjà sur ses talons après quelques bonds rapides.

Soucieux d’éviter l’attaque, Cyprien s’arrêta et tira de sa besace un torchon noué renfermant quelques beignets,  tendre cadeau de la douce Jeanne.

Il lança à regret le premier de ces beignets dorés que le loup avala goulûment. Voulant témoigner de ses qualités de fine pâtissière, Jeanne n’avait pas lésiné sur les pommes ni sur le sucre, ces beaux beignets gonflés à souhait disparaissaient dans la gueule de l’animal peu soucieux de les déguster. Cyprien réalisa bientôt que le dernier beignet allait être englouti.

Après cette mise en bouche, le loup souhaiterait très vite passer au plat de résistance !

Saisi par la peur l’homme se mit à trembler, en recommandant son âme à Dieu dans une ultime prière.

Déjà il décrochait l’étui de sa viole, pendu à son dos pour s’en servir de massue, lorsque lui vint l’idée de sortir l’instrument pour jouer un dernier air en forme de supplique. Les doigts gourds Cyprien saisit l’archer, puis portant sa chère viole à l’épaule, il pinça les cordes pour en faire sortir quelques notes stridentes.

La bête attentive s’était immobilisée dressant ses oreilles mobiles au son des premiers accords. Elle leva la tête, tendit le cou pour accompagner ensuite la ritournelle désespérée par un long hurlement de douleur.

Epouvanté, le loup fit demi-tour et s’enfuit en poursuivant ses cris de détresse.

Cyprien ne ralentissait pas le rythme, entraîné tour à tour dans l’exécution tumultueuse d’une mazurka puis d’une polka toute aussi alerte, achevant de faire détaler le loup !

La menace s’étant dissipée, Cyprien conclut : « Si j’avais su !  Quel péché d’avoir dû sacrifier de si délicieux beignets ! »

Là haut dans la vallée, lorsqu’on sert des beignets réussis comparables à ceux de Jeanne, cette anecdote inspirée d’un fait réel hante encore la mémoire des gens  du lieu.

D’après «Les Histoires de loups en Pays d’Azur » (Alandis-éditions Cannes), pour commander cet ouvrage illustré et dédicacé de 18 € : téléphoner au 04 93 24 86 55

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