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28.03.2007
LES TEMPLIERS A BIOT
LA COMMANDERIE DE BIOT ET SES POSSESSIONS (PREMIERE PARTIE)
La commanderie de Biot a été tour à tour qualifiée comme la plus puissante de la région et selon L. Dailliez « de beaucoup la plus intéressante étant donné l’importance de la seigneurie qu’y possédèrent les Templiers ».
Natif et originaire du lieu, J.A. Durbec a suffisamment étudié Biot et sa commanderie, pour que nous lui rendions le mérite de nous guider à travers son histoire.
La venue des Templiers est présentée par cet auteur comme « un événement capital » marquant l’installation de l’Ordre dans les Alpes Maritimes.
Dans un acte transcrit par le notaire Guillaume à Grasse, daté des 25 et 31 mars 1209, le Comte de Provence Alphonse II donne à la milice du Temple tous les droits qu’il a sur la ville, la châtellenie et le territoire de Biot, en présence de Guillaume Châtel, Grand Maître de l’Ordre en Provence et de Bernard Cornu, évêque de Fréjus.
Le Temple obtenait ainsi un pouvoir quasi souverain sur la plus grande partie du riche bassin de la Brague, situé aux portes d’Antibes, vieille cité épiscopale et port actif sur la Méditerranée.
Cette opération s’opère dans un contexte militaire particulier, suivant la dernière invasion musulmane sur les côtes, contraignant Alphonse II a protéger les grands axes du retour de possibles attaques.
Mais, rappelons également l’instabilité du pouvoir comtal, menacé dans la région par la rébellion constante de l’aristocratie locale, alliée à Nice, soutenue par Gênes, dans ses velléités d’indépendance. Ce double défi, explique l’installation des Templiers par le Comte, comme troupe fidèle et aguerrie, dans une zone stratégique.
Au début du XIII ème siècle, les seigneurs de Biot se sont alliés aux sires de Grasse contre l’évêque d’Antibes, représentant du Comte. La donation de leurs biens au Temple, les dépossède de l’essentiel de leur seigneurie, l’année où la famille de Grasse est également privée de ses droits sur Antibes
En 1227, la famille seigneuriale de Biot sera définitivement exclue de son fief, après avoir dû vendre à l’évêque, ses derniers droits sur le château, lesquels seront récupérés en 1233 par les Templiers.
Plus tard en 1241, la paix revenue, Jordan et Raimond de Biot apparaîtront comme simples chanoines de l’église d’Antibes.
Composée d’innombrables « tenures », plus ou moins redîmées, appartenant à des hommes de toutes conditions, la seigneurie de Biot de 1209, ne rapporte alors pas grand chose au Temple.
Pour y remédier, l’Ordre va racheter le domaine utile de ces tenures, afin de constituer au XIV ème siècle, une propriété rentable d’un seul tenant de 1200 à 1500 hectares.
Les actes de 1211 à 1214 restituent les achats de biens effectués à Biot par les Templiers meubles, immeubles, propriétés, terres, prés. De nombreuses donations complètent ces acquisitions.
Les frères de Biot sont placés un temps sous la dépendance du commandeur de Grasse qui prend d’ailleurs le titre de commandeur de Grasse et Biot. Dès 1211 les Templiers résident à Biot, mais les actes se font encore au Temple de Grasse, comme le 13 mars 1213 où Narbone et ses fils vendent une pièce de terre située à Biot, de même, lorsque le 14 mars 1213, Raymonde veuve Guidou, donne une terre située au quartier de Tocabous à Biot.
Le 15 août 1233, Bernard de Combolano, commandeur des Maisons de Grasse et Biot, achète à l’évêque d’Antibes, par voie de retrait féodal, moyennant 110 livres de raymondins, les biens que celui-ci avait acquis de Raimond de Biot. Il en prend possession au nom du Temple, les frères témoins sont Pons Vitrier, commandeur de la maison « de Ruete » et G. Adalemus, l’acte est établi à Antibes, par le notaire B. d’Escragnoles. Raimond de Biot et ses fils avaient été précédemment contraints de vendre ces biens à l’évêque d’Antibes le 15 octobre 1227.
Les achats effectués par le Temple à Biot se multiplient augmentant l’importance de cette commanderie. Sa prédominance va entraîner la présence du commandeur de Grasse qui réside au château de la localité, voisine d’Antibes, maintenu siège épiscopal jusqu’en 1244.
Des contestations vont bientôt envenimer les relations entre l’évêque et le commandeur du Temple, au point de nécessiter un arbitrage évoqué par un acte dressé le 3 janvier 1247, par le notaire d’Antibes Pierre d’Andon : « L’évêque de Grasse Raimond de Villeneuve et le commandeur des maisons du Temple de Grasse , Nice et Biot, Geoffroi de Grasse, choisissent l’évêque de Vence Guillaume et le Grand Maître de la milice du Temple en Provence, Rostang de Comps, comme arbitres des différends qui les opposent à Biot ».
Lors de l’enquête des droits de Charles d’Anjou, devenu Comte de Provence, après avoir épousé Béatrice fille et héritière de Raymond Bérenger V, le commandeur de Biot P. Capion est cité comme témoin, attestant ainsi de l’importance de son rang et de sa seigneurie.
Il est intéressant de signaler un acte du 14 août 1252 du notaire G. Folco de Villeneuve, par lequel Isnarde de la Penne, de Villeneuve, se donne à la Maison du Temple de Biot où elle est reçue par R. Cadellus frère de cette Maison, au nom de R. de Amenderio commandeur qui accepte les biens qu’elle apporte en dotation.
Ce document confirme la présence de sœurs dans la commanderie de Biot, logées probablement dans une dépendance, bien que cette cohabitation soit interdite par l’article 53 de la Règle.
Le domaine de Biot s’étend encore le 19 juillet 1277, lorsque Jaucerand d’Antibes vend à la milice du Temple, pour 30 sous provençaux coronats, une terre sise à Clausonne.
De même, le 28 décembre 1298, lorsque R. Salmoze, moine de Valbonne de l’Ordre de Chalais se donne à la milice du Temple, avec tous ses biens meubles et immeubles ecclésiastiques ou autres.D’après «Les Templiers en Pays d’Azur » (Alandis-éditions Cannes), pour commander cet ouvrage illustré et dédicacé de 18 € : téléphoner au 04 93 24 86 55
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21.03.2007
LE LOUP DANS LA HAUTE VALLEE DE LA TINEE
LE PRÉ DU LOUP
Comme chaque année au mois de juin, j'avais quitté Vinay sur les bords de la Stura avec ma fille Lucie, pour aller chercher du travail de l'autre côté des Alpes. Après avoir fait halte à l'hospice de Sainte Anne, nous avions franchi le col du même nom pour rejoindre Isola dans la vallée de la Tinée. Là, commençait la quête d'un emploi incertain. A l'auberge, on m'indiqua un particulier de Douans qui cherchait un faucheur à la tâche. Le lendemain, je me présentais à Firmin Rapuc qui m'expliqua où se situait son pré: au quartier du Bourguet. L'aubergiste m'avait bien dit: « Tu es robuste, mais méfie-toi, son pré porte malheur. Il recrute toujours des faucheurs du dehors qui, le travail fait, disparaissent sans laisser de trace... » L'homme paraissait franc du collier, si ce n'était son étrange regard gris dont il m'avait toisé en précisant: « Quand tu auras fauché le pré et rassemblé le foin, passe chez moi, je te réglerai d'un écu de trois livres. »J'attaquai la coupe l'après-midi même malgré la chaleur. Lucie ratissait, tout allait comme je le souhaitais. Le soir, épuisés, nous dormîmes dans la grange et, au premier chant d'oiseau, dans l'air frais du matin nous étions à nouveau sur le pré.
En fin d'après-midi, parvenu au bout de mon travail, je demandai à Lucie d'aller décrocher la gourde suspendue à un noyer poussant en bordure du pré. Alors qu'elle escaladait une branche basse, la gamine remarqua du côté de Douans une curieuse fumée qui se déplaçait à raz de terre, à la vitesse du galop d'un cheval: « Père, père, le nuage vient vers nous! Il voltige, je le vois qui s'amasse, il avance ! Attention, père, c'est un animal énorme, un gros chien! » Elle n'avait pas fini sa phrase que je vis apparaître au bout du pré un loup monstrueux fonçant sur moi. Bien campé sur mes deux jambes, la faux levée je fis face à la bête furieuse, qui ne put éviter un magistral coup de faux à la patte droite. Blessé, claudiquant, le loup fit demi-tour et repartit en gémissant d'où il était venu. Lucie qui applaudissait, partit d'un tel éclat de rire qu'elle en dégringola de son perchoir. Je commençais à deviner le destin tragique des malheureux venus avant moi pour faucher le terrible pré. Le matin suivant, nous frappions à la porte de Firmin Rapuc pour venir nous faire régler. Une voix sourde nous invita à entrer : « Venez, mon brave, et toi aussi, petite, approchez-vous, excusez-moi de vous recevoir dans ma chambre, je suis obligé de garder le lit, une mauvaise chute; on se fait vieux! » Le pauvre homme, pâle dans sa chemise de lin se pencha, fouilla en maugréant dans la poche de son gilet accroché à une chaise voisine du lit... Lucie me jeta un coup d’œil complice en me donna un coup de coude.
Je remarquai alors que Firmin se servait maladroitement de sa main gauche, alors que son bras droit pendait, suspendu en écharpe à l'épaule. Lucie pouffa et lui dit:
« Maistre, mais pourquoi ne pas vous servir de votre main droite ? » « Voilà, voilà, j'y arrive », poursuivit le bonhomme en lui jetant un regard noir: « T'es bien trop maligne, toi, pour tes douze ans. Si tu n'avais pas été là... » Il sortit enfin un écu brillant qu'il me tendit en ajoutant comme à regret: « C'est bien ça, n'est-ce pas? » J'opinai du chef. Il conclut: « Ah! les temps sont durs, Adieu, l'ami. » Quand nous fûmes dehors, je n'avais pas posé mon chapeau sur la tête que Lucie impatiente commentait: « Tu as compris, c'est lui! » J'essayais d'imaginer comment cet homme pouvait se changer en loup et dévorer ceux qu'il ne voulait pas payer, par quel pouvoir extraordinaire ? Mais la leçon avait -elle porté ? J'en aurais le cœur net...
L'année suivante, je repassais le col à la même époque, la barbe et les cheveux longs teintés en blanc. Je me présentai chez maître Rapuc, voûté sous le poids des ans, traînant les pieds, accompagné cette fois par mon âne. L'autre me reçut tout revigoré et ne parut pas me reconnaître. Le marché fut vite conclu et je repartis tondre le pré maudit. A la fin du troisième jour de fauche, j'attachais avec soin mon baudet au noyer puis j'allais achever mon travail. Je n'avais pas donné le dernier coup de faux que l'animal se mit à braire et à sauter, tirant sur sa corde pour m'avertir de l'imminence d'un danger. Quelques secondes ne s'étaient pas écoulées, qu'un loup roux d'une taille impressionnante déboulait de la haie fonçant vers moi en grognant de rage. Un coup de faux aiguisée bien ajusté décapita l'affreuse bête, qui vint mourir à mes pieds. On n'entendit plus parler du magicien Firmin Rapuc.
Le pré du Loup existe toujours, mais étonnamment morcelé. Les divers propriétaires ne seraient autre que les descendants des malheureux faucheurs venus d'Outre~Mont.
Sur le bord de la route reliant Isola à Saint Etienne de Tinée, vous pourrez apercevoir une plaque signalant ce pré légendaire, accessible par une passerelle franchissant la rivière.
D’après «Les Histoires de loups en Pays d’Azur » (Alandis-éditions Cannes), pour commander cet ouvrage illustré et dédicacé de 18 € : téléphoner au 04 93 24 86 55
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14.03.2007
DECOUVERTE DE COARAZE AU MOYEN AGE
COARAZE
Coaraze, dressé sur une colline au fond de la vallée du Paillon de Contes, présente un aspect plus médiéval que les villages environnants. Ruelles étroites et enchevêtrées couvertes de voûtes, révèlent l’aspect primitif qui devait être souligné par les remparts dont il ne subsiste que quelques modestes vestiges au nord du bourg.
Enserré par un cirque de montagnes arides dont il semble avoir tiré son nom : « cauda rasa » (bout rasé), Coaraze est cité pour la première fois dans un document de 1108. C’est l’époque où la féodalité règne avec l’approche d’ardents conflits entre les communautés et leur seigneur, les chanoines et leur évêque, les monastères eux-mêmes n’en seront pas épargnés.
En 1388, lors des luttes successorales de la Reine Jeanne qui opposèrent les Angevins aux Duras, Jean Grimaldi, Baron de Beuil, Sénéchal au nom des Duras, intrigue avec le Comte de Savoie. Il s’engage à lui livrer le pays de Barcelonnette à Nice dont le château et la « villa » de Coaraze.
Très affecté par le terrible tremblement de terre de 1618, Coaraze deviendra baronnie seulement en 1629.
Pour atteindre les traces de l’ancien château au sommet du vieux village près de l’église, il faut parcourir les ruelles moyenâgeuses témoignant des ruines et des reconstructions échelonnées le long des siècles.
Chaque maison porte les cicatrices de transformations successives. Des voûtes enjambent les passages tortueux et raides pour relier les bâtisses.
Du XIIème siècle à nos jours, trois périodes se dégagent de cette évolution architecturale marquées par différents encadrements de portes : voûtes de plein cintre, arcs brisés, linteaux historiés, datés ou décorés.
Parmi les plus intéressants, citons ceux des maisons du forgeron et du maçon, d’autres plus hermétiques indiquent la date de 1533 et des initiales mystérieuses.
Au sommet du village, la place du château s’ouvre sur un large panorama, elle porte le nom de l’édifice disparu, excepté un angle de maçonnerie surmonté d’une échauguette, près de l’église voisine.
D’après « Les Châteaux du Moyen-âge en Pays d’Azur » (Alandis-éditions Cannes), pour commander cet ouvrage illustré et dédicacé de 20 € : téléphoner au 04 93 24 86 55Pour en savoir plus sur un village typique chargé d’anecdotes et d’images du passé : Cliquez sur
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07.03.2007
AVEC LE DIABLE EN PAYS D'AZUR
Valbonne, avec son village typique et moyenâgeux, reçut également la visite du Diable, en dépit de la sainte présence de l’abbaye chalaisienne, à l’origine du bourg en 1199.
Le passage du Démon en ces lieux paisibles est aujourd’hui attesté par les empreintes insolites qu’il laissa sur la pierre portant son nom.
Ce mégalithe cabalistique est situé dans une propriété privée, sur la rive droite de la Brague.
La Pierre du Diable mesure 3,4 m sur 1,5 m, elle arbore d’énigmatiques marques en forme de sabot.
Les anciens racontent que ces empreintes n’auraient rien de diabolique, elles viendraient simplement du passage d’un char romain sur un terrain argileux durci par le soleil.
Légende ou réalité ? D’autres voient dans ces signes des gravures sculptées au Moyen-Age par quelques adorateurs du Diable, venus célébrer leur culte satanique dan ce quartier retiré.
Enfin, l’hypothèse la plus banale suppose que ces traces seraient les restes fossilisés d’énormes coquillages déposés par la mer jurassique, puis solidifiés ensuite par une éventuelle irruption volcanique. Actuellement, la Pierre du Diable cache encore le mystère de ces origines.
Le territoire de Valbonne conserve un autre site au toponyme tout aussi inquiétant, il s’agit du parc départemental de la Valmasque, couvrant quelques 477 hectares. En provençal, « Valmasque » signifie vallée des sorcières, la «masca » désignant la sorcière. Signalons dans la « Vallée des Merveilles » une autre « Valmasque » tout aussi célèbre.
Nul doute qu’à Valbonne, ces espaces sauvages éloignés des habitations et des cultures devaient accueillir les réunions secrètes des servantes du Diable.
Dans ce quartier isolé, les «mascas » pouvaient s’adonner à leurs sabbats en toute quiètude. Leur présence hante encore notre mémoire par delà les siècles, par la seule magie de ce nom révélateur, étrangement associé à la Pierre du Diable voisine.
Valbonne, Valmasque, deux vallées antinomiques, l’une purifiée et bénie par l ‘abbaye : la »bonne », l’autre stérile et désolée, consacrée au Diable et à ses fidèles séides les sorcières.
D’après « Les Aventures du Diable en Pays d’Azur » (Alandis-éditions Cannes), pour commander cet ouvrage illustré et dédicacé de 18 € : téléphoner au 04 93 24 86 55
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