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31/12/2011

DE GAULLE TRAÎTRE ?

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DE GAULLE TRAITRE ? BOURREAU ? ASSASSIN ?

A l'occasion de l'inauguration de la statue du général de GAULLE, le 18 juin dernier, une importante campagne d'opinions hostiles (relayée par NICE-MA TIN comme par France 3 Nice sans aucune version contraire) a précédé et suivi cet événement, certains des termes employés m'ayant révolté, voire indigné en tant que citoyen, historien et fils de résistant du MNRPGD.

Nous avions déjà eu, au mois d'avril, un avant-goût avec la campagne médiatique des nostalgiques de l'Algérie française et de l'OAS visant à réhabiliter, à l'occasion du 50e anniversaire du «putsch d'Alger», le «quarteron de généraux factieux» et les officiers les ayant suivis dans un combat d'arrière-garde menécontre la République et le processusde paix approuvé par une très grande majorité des Français. A : cette époque-là, je n'étais pas majeur et je ne nourrissais pas de sympathie particulière pour le gaullisme mais j'approuvais la politique d'autodétermination et la parole donnée au peuple français qui entérina à deux reprises, en 1961 et en 1962, le processus pacificateur. Que des Pieds Noirs en veuillent encore au général de GAULLE de les « avoir trompés » en 1958 avec la célèbre phrase « Je vous ai compris » ne me choque pas mais ce qui me scandalise, ce sont les arguments utilisés pour refuser une inauguration de statue, représentant «l'homme du 18 juin » en train de descendre les Champs-Élysées le 26 août 1944, sur la place qui porte son nom depuis 1973, précédemment place GAMBETTA (l'animateur de la résistance contre les Prussiens en 1870) puis de la Libération (en raison des combats s'étant déroulés dans le secteur le 28 août 1944): «on ne saurait honorer un général qui a été un traître », «il a été notre bourreau », « il est le responsable de l'assassinat de milliers d'entre nous» « c'est la statue de la honte», «non à la statue d'un bonimenteur ».

Primo, il est vrai que de Gaulle fut condamné à deux reprises pour « désertion» et « dissidence» par le tribunal militaire de Toulouse, le 4 juillet 1940, à quatre ans de prison puis à mort, le 2 août suivant, par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand, mais, 71 ans après les faits, comment peut-on justifier cette attitude néo-pétainiste qui conduirait à approuver, en condamnant la voie suivie par le général rebelle, la suppression de la République, l'abolition des Droits de l'Homme, l'adoption du statut des Juifs (les' très nombreux1 juifs d'Algérie se voyant retirer la nationalité française jusqu'en juin 1943, date de l'installation du générai de Gaulle à Alger et la politique de collaboration avec le vainqueur initiée à Montoir !

Ensuite, comment accepter l'idée que de GAULLE ait été « le bourreau des Français d'Algérie » ou le « responsable de l'assassinat de plusieurs milliers de Pieds Noirs»? Non seulement cela ne correspond pas à la réalité des faits s'étant déroulés, mais que faudrait-il dire alors de personnalités qui ont été réellement des « bourreaux» et des « assassins», parfois de centaines de milliers voire de millions de victimes telles que, parmi bien d'autres, Barbie, Eichmann, Heydrich, Kaltenbrünner, Pol Pot, Videla et les généraux argentins, Milosevic, le général Mladic, Taylor, Khadafi, El Assad?

Ces détracteurs, comme les a qualifiés le maire de Nice, sont des « gens haineux» et ont osé scander « assassin» durant La Marseillaise, Le Chant des Partisans ou la minute de silence. Ils oublient également que si le scénario de l'indépendance de l'Algérie s'est dramatisé à partir d'avril 1961, ce fut bien à cause de l'OAS qui pratiqua la politique du pire, multiplia les attentats (y com­pris en métropole et pas seulement contre le chef de l'Etat au Petit-Clamart et au Mont Faron) contre les partisans du dialogue franco-algérien et les membres de la communauté algérienne afin d'entraîner des actes de représailles et que, si le FLN a bien organisé des attentats ayant fait couler le sang des Pieds Noirs, avant comme après le putsch d'Alger, ces actes « terroristes» n'ont jamais été commandités par le premier président de la  République lequel n'a pas tranché seul en faveur de l'indépendance mais s'est appuyé sur prés de 85% de l'électorat (76% en décembre 1961 et 93% en avril 1962).

N'oublions pas, également, que si les « événements de 1954 » se sont déroulés, ce fut également parce que la majorité des Pieds Noirs avaient refusé, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, tous les projets de réforme qui auraient pu déboucher, comme ce fut le cas un peu plus tard sur le continent africain, sur des situations de décolonisation pacifique comme en Angola, au Mozambique et en Afrique du Sud où, après quelques incidents intercommunautaires, la minorité européenne accepta de perdre son pouvoir politique tout en conservant son pouvoir économique et en continuant, à plus de 80%, à vivre sur place dans une société multiraciale et multiculturelle sans subir le traumatisme du déracinement et de l'exil source d'aigreur, de rancœur, voire de haine pérenne.

Il conviendrait donc de mieux peser le sens des mots avant de polémiquer et, dans un Etat de droit, les médias devraient veiller à ce que des présentations manifestement erronées ou mensongères puissent être équilibrées par des points de vue différents exprimés à côté des propos contestés, ce qui permettrait d'organiser un débat dans la clarté, sinon dans la sérénité.

Jean-Louis PANICACCI (Professeur honoraire de l’Université de Nice)

24/12/2011

1943: FIN DE L'OCCUPATION ITALIENNE DES ALPES MARITIMES

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LA FIN DE L’OCCUPATION ITALIENNE DANS LES ALPES MARITIMES :

JUILLET- SEPTEMBRE 1943

 

L’Armistice de Cassibile signé secrètement le 3 septembre 1943, est l'acte par lequel le Royaume d'Italie cesse les hostilités contre les forces britanniques et américaines au cours de la Seconde Guerre mondiale.

En Italie cet Armistice (une capitulation, en fait) est communément appelé le « 8 septembre », date à laquelle il a été rendu public.

 

L’historien Jean-Louis Panicacci décrit dans son livre « Les Alpes Maritimes - 1939 - 1945 - Un Département Dans La Tourmente » ce qui a suivi la chute de Mussolini, l’abandon des signes fascistes, la joie des habitants de zones promises à l’annexion, comme à Menton, l’inquiétude de la population juive.

Les illusions sur une fin de conflit rapide furent vite dissipées et le problème majeur pour les soldats italiens fut bientôt de rejoindre la péninsule, pour certains d’entre eux en échappant aux troupes allemandes qui les remplaçaient progressivement.

L’auteur s’intéresse aux contradictions apparentes d’une période complexe au cours de laquelle les attaques des maquis ne cessent pas plus que la rude répression, où les manifestations patriotiques accompagnent les obsèques des condamnés et des aviateurs alliés et où les sentiments anti-italiens s’expriment de plus en plus.

Dans le même temps, les efforts du banquier italien Angelo Donati pour faire passer les juifs français et réfugiés en Italie aboutirent à leur regroupement dans la région niçoise dans l’attente d’un transport vers l’Italie.

Dès l’annonce le 8 septembre de la cessation des combats entre Alliés et Italiens, le désarmement des unités italiennes se fit par les soldats allemands qui se heurtèrent en quelques points à des poches de résistances qui alimentèrent quelques combats.

La débandade fut plus spectaculaire dans les Alpes-Maritimes, alors qu’un peu partout se produisirent des pillages des entrepôts laissés par les Italiens.

L’ouvrage accorde également une attention particulière à l’épisode de la marche en altitude d’un millier de juifs étrangers assignés à résidence forcée, quittant Saint-Martin Vésubie pour gagner les hautes vallées du Piémont, se délestant progressivement de leurs bagages et accueillis et réconfortés au terme d’une marche épuisante par les militaires italiens gardant la frontière.

Le 10 septembre, il ne restait plus beaucoup de soldats italiens dans le département en dehors de ceux qui avaient été capturés par les Allemands.

En conclusion, ce livre montre l’écart qu’il y eut entre la présentation par la propagande italienne et la réalité d’une occupation qui dans sa phase généralisée à partir de novembre 1942 avait à compter non seulement avec le puissant allié allemand qui limitait la marge de manœuvre des Italiens mais aussi avec le gouvernement de Vichy soucieux de faire respecter ses prérogatives. Il souligne également que la perception d’une occupation plus bonhomme ne se comprend que par comparaison avec l’occupation allemande qui a suivi ainsi que l’ambiguïté des sentiments éprouvés par la population envers les Italiens.

Ils étaient les auteurs du coup de poignard de 1940 et ils avaient occupé des fractions du territoire à partir de 1940, tout le Sud-Est à partir de 1942 mais ils pouvaient aussi être perçus comme « victimes à la fois du fascisme et de l’Allemagne. »

 

Voici les détails de la fin de l’occupation italienne dans les Alpes Maritimes, présentés par Jean-Louis Panicacci : « Le 9 septembre, le P.C. de la 224e division côtière quitte Nice vers 10 heures et la débandade  commence: vol ou achat de vélos et d'automobiles, abandon de matériel et d’uniformes - souvent troqués contre des costumes civils - fuite vers la frontière. Peu demeurent compacts, comme le 56e Autogruppo. de St Vallier de Thiey - qui est capturé aux portes de Grasse à l'exception de son commandement qui parvient à gagner Digne et le col de Larche - et le bataillon mobile de la G.A.F. de Peïra Cava, qui parvient à gagner Fontan puis Vinadio.

Partout dans l'arrière-pays, des isolés ou des groupes de fugitifs essaient d'atteindre les cols de la Tinée, de la Vésubie et la Roya, passant par Roubion, Valdeblore, Puget­ Rostang, Luceram, Moulinet. Le curé d'Auribeau conduit un groupe de soldats de la région grassoise à la Haute-Tinée par le col de Crous, avant de leur indiquer le chemin de Colla Longa.

Les carabiniers en poste dans ce secteur remettent leurs armes lourdes et leurs véhicules aux gendarmes de St Etienne de Tinée qui leur indiquent l'itinéraire adéquat pour se rendre dans la vallée de la Stura. Deux fuyards perdent la vie au cours de leur exode: le premier se noyant dans la Tinée près d'Isola et le second étant tué par balles – vraisemblablement tué par ­des Allemands - au Golf du Mont Agel.

A Menton, c'est l'embouteillage durant tout l'après-midi, des milliers de soldats et des centaines de véhicules éprouvant des difficultés à se frayer un chemin par l'étroite voie d’accès à traversla Vieille Ville, ce qui favorise l'abandon du matériel:

« Bientôt il y a des tas de fusils, cartouchières, casques, sacs et même de superbes chaussures neuves. Les jardiniers de Garavan viennent, dans le tas, choisissent leur pointure visiblement satisfaits de n'avoir pas eu à présenter de bons d'achat. »  Les fonctionnaires du Commissariat Civil détruisent certains dossiers, en abandonnent ou d'autres avant de gagner le pont Saint-Louis tandis que les derniers soldats éventrent des caisses de cigarettes "A.C.I.» et «Milit», puis liquident un stock de vin -offert par le P.N.F. aux combattants - à la grande joie des badauds. Lorsque les éléments allemands parviennent à l'ancienne frontière, les sapeurs du 7eme Alpini, (division Pustcria» ) font sauter la route de la Mortola : ils feront de même, peu après au col de Brouis et au pont de l'Arbousset (Basse-Roya), afin de protéger le repli des troupes de la IVa Armata qui défileront jusqu'au surlendemain à Fontan, dans le plus grand désordre, la RN .204 étant jonchée de boîtes de conserves, de casques, de cartouchières, cuisines roulantes et de dossiers. L'atelier de réparation mécanique de Fontan est, par contre, détruit par le feu avant le départ des derniers éléments de la garnison, qui seront capturés à Tende le 14 septembre.

La Résistance met à  profit la «grande pagaille» du 9 septembre pour récupérer du matériel ou pour le détruire avant que les nouveaux occupants ne s'en emparent : 20 mortiers et 2 canons de 75 sont ainsi sabotés à Nice, 8 canons à Menton tandis que le parc àfourrages de Bon Voyage est incendié une nouvelle fois.

La plupart des soldats  capturés sont dirigés sur les camps de Fréjus ou directement sur des stalags, comme les «Alpini costieri» partis le 12 septembre de la gare de Cagnes sur Mer dans des wagons àbestiaux, avec une galette par tête et une boîte de viande pour dix, à l’exception de 152 officiers, 198 sous-officiers et 300 soldats - souvent ordonnances - qui sont internés à Cannes jusqu'aux 10 et 19 octobre, avant de rejoindre en Allemagne les généraux De Cia, Pagliano et Gallo déportés le 23 septembre. Il semble que 30 officiers et 10 soldats aient échappé à la déportation après avoir accepté de poursuivre les hostilités aux côtés de Allemands. Les gendarmes français arrêteront du 15 septembre au 19 octobre, 133 soldats de le la IV a Armata qu’ils remettront aux autorités allemandes. »

Témoin de la fuite de groupes de militaires dans la haute vallée du Var, nous les avons rencontrés alors qu’ils abandonnaient leur véhicule faute de carburant, répétant effarés « Salvagi i Tedeschi ! »

Ces cris étaient bien loin des prétentions irrédentistes arrogantes des fascistes mussoliniens, telles que « Nizza nostra », proclamées en novembre 1942, alors que les troupes emplumées arrivaient en paradant dans le département !

D’autres bandes venues de Toulon, en civil, chaussés d’escarpins, descendaient de la montagne après s’être égarés, avec comme seul objectif: rejoindre au plus vite la frontière italienne.

Quelques passeurs improvisés les accompagnaient pour franchir les cols, moyennant finance, alors que d’autres en profitaient pour les dévaliser pendant leur sommeil dans les granges !

Ainsi s’achevait l’occupation italienne des  Alpes Maritimes après un an de présence.

 

Edmond ROSSI

17/12/2011

A TOURRETTES SUR LOUP : « LE TOMBEAU DE L'ANCETRE »

LE MENHIR DU TOMBEAU DE L'ANCETRE A COURMES.jpg

Le Pays d’Azur possède de nombreux vestiges de la prestigieuse civilisation mégalithique, étudiés et répertoriés par les spécialistes.

Ces témoignages du passé, à l'aspect imposant, nous ramènent à la première civilisation européenne s'étalant de - 4500 à - 1500. Plus abondants à l'ouest du Var, les dolmens, menhirs et autres pierres levées conjuguent leurs mystères avec les bories, ces étranges «igloos» de pierres sèches. Sans ignorer l'intérêt des quelques cinquante monuments connus dans la région, essayons à travers l'un d'eux de remonter au temps de ces «premiers bâtisseurs». A près Vence, près de Tourrettes sur Loup, au quartier des Courmettes, en 1973, lors du tracé d'une route pare-feu, un amateur d'archéologie repéra une pierre dressée menacée par le bull­dozer, la promptitude de son intervention devait aboutir à la sauvegarde du précieux vestige. L'étude des lieux devait conduire à la découverte surprenante d'un véritable ensemble protohistorique. A droite du sentier descendant vers Courmettes, se dresse, au sommet d'une butte, un castellaras de grande dimension. Son accès en pente douce est aisé, mais sa façade ouest surplombe un à-pic d'environ deux cents mètres. Or, fait curieux, c'est au sommet de la pente la plus raide que l' on trouve les plus solides murailles composées d’énormes blocs aménagés, alors que le côté opposé n'est protégé que d'un mur en petit appareillage. Sur la butte, au sommet d'un vaste réseau de banquettes, constituant plusieurs plate formes super­posées en vastes escaliers, apparaissent des vestiges assez énigmatiques.

A première vue, certains pourraient indiquer la présence de deux citernes rectan­gulaires effondrées et comblées. En surface, du mobilier archéologique a été récolté: tessons de céramiques antérieures à l'époque romaine, anses d'amphores romaines, tessons de sigillées, une fusaïole, un fragment de meule en basalte de 50 cm de diamètre, des scories de fer attestant une activité métallurgique. Au nord-ouest, au-delà d'une vaste prairie connue sous le nom de Clos de la ville, s'élève une colline sur laquelle existe encore une borie assez bien conservée. Au pied des murs de l'enceinte, part une allée artificielle large en moyenne de dix mètres. Construite en parements moyens encore visibles à travers la densité de la végétation, d'une longueur d'environ 500 m, elle descend en pente douce jusqu'au col de Courmettes où passe la route pare-feu qu'elle traverse. Elle se prolonge ensuite en direction d'un curieux édifice de pierres sèches, dissimulé dans un bosquet de chênes, affectant la forme d'un trèfle. Bergers et chasseurs connaissent depuis toujours l'existence de ces murailles dessinant trois cercles imbriqués, ils leur ont donné le nom étrange de «Tombeau de l'Ancêtre». Pourquoi ce nom ? Là une relation recueillie en 1950 semble donner la réponse. Vers cette époque un cultivateur du village voisin de Courmes découvrit un sarcophage: «l'inhumé était un homme à grande barbe blanche... Il était intact quand on a relevé le couvercle. Le paysan a eu peur. Il est allé chercher des voisins qui sont venus, et sous leurs yeux le cadavre s'est dissout, dissipé, ne laissant au fond du sarcophage qu'un peu de terre. Les spectateurs en sont encore tellement impressionnés qu'ils n'ont pas ébruité l'affaire et restent persuadés qu'ils ont vu non pas le corps du mort mais son esprit». (Bulletin de l'Institut des Fouilles de Préhistoire et d'Archéologie des Alpes Maritimes 1955-1956).

Le rapprochement de cette curieuse histoire et du mystérieux «Tombeau de l'Ancêtre» à l'allée majestueuse a troublé plus d'un chercheur. Notons qu'en plus du menhir de 1,90 m, dressé au bout de l'allée, quatre autres pierres levées s'étageant de 1,40 m à 1,50m entourent cet énigmatique mausolée. Il est admis que la civilisation mégalithique, née des préoccupations agraires des premiers hommes, empruntait ses mythes aux puissances de la nature. Dans ce contexte, le tombeau à la forme trifoliée, placé au levant, et la butte du castellaras, à l'opposé au couchant, constituent deux pôles caractéristiques, reliés par l'allée, définissant la course du soleil.

Le sommet du castellaras, renforcé d'un mur cyclopéen vers l'à-pic, devient une sorte de temple, puisque la valeur défensive de cette construction est inutile en ce point. Les pierres levées, balisant les alentours comme d'autres menhirs, devaient permettre une heureuse relation entre les forces telluriques et celles de l'air et du ciel. L'Ancêtre, sorte de grand prêtre vénéré par la tribu, initié aux mystères de la nature, dignement enterré vers la lumière du levant devait apporter sur tous la paix et l'espoir par ses connaissances. Quelles cérémonies propitiatoires s'accomplissaient au sommet de la plate-forme où l'on observait chaque soir l'inquiétante plongée de l'astre du jour vers le néant ? Ce belvédère largement ouvert sur l'ensemble de la région a dû conserver au fil des siècles sa vocation de sanctuaire jusqu'à l'époque romaine comme en témoignent les vestiges découverts en surface. Enfin précisons que G. Altenbach et B. Legrais dans un ouvrage récent «Lieux magiques et sacrés de France» (R. Laffont, Paris 1987) citent les gorges du Loup placées à l'aplomb du site de Courmettes et le village de Gourdon, situé en face à 2,5 km à vol d'oiseau. Ces deux chercheurs ont eu la curiosité de contrôler au géodynamètre l'intensité cosmo-tellurique qu'ils définissent comme «onde de vie» et au radioactivité-mètre les impulsions minutes de ces lieux. Leurs conclusions ne manquent pas de corroborer les suppositions établies à partir des vestiges archéologiques. Au vue des résultats obtenus par les mesures, ils définissent ces points comme «un réel haut lieu sacré». Ils ajoutent: «Pour s'en rendre compte il suffit d'assister à un lever de soleil... Le pèlerin chercheur ressentira rapidement que ce haut lieu a connu un passé culturel intense, prêt à ressurgir selon les informations véhiculées par les êtres qui l'approchent».

EXTRAIT DES "HISTOIRES ET LÉGENDES DES BALCONS D'AZUR": LA GAUDE, SAINT JEANNET, GATTIÈRES, CARROS, LE BROC, BÉZAUDUN, COURSEGOULES, TOURRETTES SUR LOUP, VENCE, SAINT PAUL DE VENCE, LA COLLE, ROQUEFORT LES PINS, VILLENEUVE LOUBET, CAGNES...

De La Gaude à Vence et au Broc, le vaste belvédère qui surplombe la Méditerranée et le Var reste méconnu. La région provençale des « Balcons d'Azur » renferme pourtant des trésors histo­riques et architecturaux qu'il est urgent de découvrir, au-delà de la splendeur des paysages. C'est à ce voyage insolite que nous invite l'auteur, le long d'un amphithéâtre, au cœur duquel s'égrènent les célèbres fleurons de LA GAUDE, VENCE, SAINT-JEANNET, GATTIÈRES, CARROS, LE BROC.

Passant tour à tour de la réalité des faits historiques, chargés de fabuleuses anecdotes, aux légendes, Edmond Rossi, auteur de divers ouvrages sur le passé et la mémoire des Alpes-Maritimes, a recueilli et réuni quelques moments singuliers de ces villages.

Le choix de La Gaude s'impose comme le centre de gravité de ce « triangle d'or» d'une richesse exceptionnelle. Aux limites de ce secteur, des vestiges témoignent également d'un passé où l'insolite nous interpelle pour mieux conforter la légende: chapelle oubliée de COURSEGOULES, fayard de BÉZAUDUN, tombeau mystérieux de TOURRETTES-­SUR-LOUP, ruines austères de VENCE ou cachées de ROQUEFORT-LES-PINS, sentinelle fortifiée de SAINT-PAUL et abbaye de LA COLLE, châteaux de VILLENEUVE-LOUBET et de CAGNES.

La Gaude, célèbre pour son vin sera aussi l'inspiratrice de Marcel Pagnol pour sa « Manon des Sources ». D'Hercule à d'Artagnan venu arrêter le marquis de Grimaldi à Cagnes, laissez-vous guider par les fantômes des personnages, pour parcourir les vivantes ruelles de ces villages et la riante campagne alentour. L'agréable découverte de ces bourgs authentiques aux limites de la Provence, vous révélera bien d'autres trésors, dignes de ceux cachés là par les Sarrasins et les Templiers, bien présents dans tout ce secteur.

 Ce livre est édité par les "EDITIONS CAMPANILE" http://www.editions-campanile.fr

avec possibilité d'y être commandé.

Ouvrage illustré, de 160 pages, également disponible dans toutes les bonnes librairies au prix de 18 € et dédicacé par l'auteur, en contactant: edmondrossi@wanadoo.fr