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14/04/2014

GOURDON, BALCON D'AZUR

GOURDON DOMINE PAR SON CHATEAU.jpg

Perché à l’extrémité d’un éperon rocheux dominant la sortie des gorges du Loup, à 740m d’altitude, le village de Gourdon et son château constituent un véritable nid d’aigle. De là, un panorama splendide se développe de Nice à l’Estérel.

Sa position géographique en fait un lieu fortifié depuis la plus haute Antiquité qui résista, tout au long de l’Histoire, aux invasions et aux guerres qui ensanglantèrent la Provence. Cité dès 1035, Gourdon et sa forteresse furent jusqu’en 1235 possessions des comtes de Provence, avant de passer à la famille de Grasse-Bar, puis par mariage aux Villeneuve-Flayosc, pour aboutir en 1550 aux Borriglione d’Aspremont qui vendront la seigneurie le 24 mars 1597 à Louis de Lombard, un opulent avocat de Grasse. Les Lombard héritent du titre de Marquis de Montauroux, suite à un mariage en 1672. Le château reste aux Lombard jusqu’en 1820 où le dernier descendant le lègue à son neveu le marquis de Villeneuve Bargemon. Les héritiers de celui-ci vendront la demeure en 1918 à une américaine, Miss Noris qui ouvre un musée en 1938. Cédé à la Comtesse Zalewska, le manoir appartient aujourd’hui à un homme d’affaire. Du temps des Sarrasins à celui de la Reine Jeanne et des bandes de Raymond de Turenne, les habitants de Gourdon, à chaque épreuve, résisteront et dompteront les assauts de leurs adversaires : Sardes, armées de Charles Quint viendront buter sur leur résistance opiniâtre.

Aux IX ème et X èmee siècles, une première forteresse est édifiée pour se protéger des Sarrasins, sur ses soubassements un autre château est construit au XIIIème siècle, puis remanié au siècle suivant dans « l’esprit toscan ». C’est cette bâtisse qu’acquiert le Comte de Provence, Raymond Bérenger, avant de la céder à son neveu.

L’édifice actuel, élevé en 1610 par Louis Lombard après qu’il eut démoli la demeure médiévale, a traversé sans encombre la Révolution, ses propriétaires n’ayant pas émigré ni déplu. Endommagé en 1815 par les Autrichiens, la bâtisse va ensuite tomber à l’abandon, avant que Miss Noris ne s’attache à la restaurer dans son intégrité première.

Le château, inclus dans le système défensif qui cernait le village, complète les épais et solides remparts encore visibles.

De plan carré, flanqué d’une tour cylindrique à chaque angle (deux d’entre elles ont été reconstruites), ce château provençal type comporte un corps de logis à deux étages surmontés d’une génoise. Les quatre façades sont construites en pierre de taille. La principale donne sur la place du village, elle est percée d’une porte classique donnant accès à une cour pavée. Noter la croisée à meneaux dominant la porte.

Au sud, s’étend une vaste terrasse, plantée de tilleuls centenaires, ombrageant une pelouse ornée de massifs taillés en motifs circulaires. Le tout est bordé d’un parapet dont les angles forment deux balcons et une échauguette surplombant le Riou coulant 100m au-dessous.

Cette terrasse s’appuie sur une immense cave voûtée, soutenue par de massifs piliers, elle abrite une profonde citerne. Un escalier à double révolution conduit à une terrasse inférieure, maintenue par des arcs soutenus par de puissants contreforts.

Il ne reste que deux tours datables de l’ancien système défensif, l’une carrée à l’angle est de la terrasse supérieure, l’autre avec sa barbacane.

A l’ouest, le jardin dessiné par Lenôtre est prolongé par un parc entouré de murs par endroits encore crénelés.

Le rez-de-chaussée et la chapelle accueillent un musée historique avec armures anciennes, mobilier des XVIème et XVIIème siècles, des œuvres d’art d’un grand intérêt artistique.

Au second étage, sept salles sont occupées par un musée de peintures naïves contemporaines. Après avoir parcouru ces véritables jardins suspendus ornés de buis centenaires, ne pas manquer le panorama exceptionnel offert par la terrasse supérieure.

Autre témoin du passé de Gourdon, son église d’origine (XIIème siècle) remaniée au XVIIème siècle (porche). Classé Monument Historique, elle renferme un beau bénitier à têtes d’anges.

L’ancien chemin de Cipières part du quartier de La Colle (D. 12) pour atteindre Cipières après avoir traversé le plateau de Cavillore. C’est sur ce plateau en face de Courmes qu’un sentier part à droite pour s’engager le long de la barre rocheuse et atteindre « La Forteresse ».

Accrochée au rocher, cette construction en pierres de taille domine 300 mètres de vide et les gorges du Loup. Par endroit, le chemin vertigineux qui y mène n’est large que de 30 centimètres !

Cette bâtisse refuge défendue par un accès difficile possède un grand mur percé de deux meurtrières et un four à pain qui rappelle sa fonction d’abri permanent.

Probablement, ce repaire datable du Xe siècle devait accueillir les habitants du « castrum de Gordono » lors des attaques incessantes des Sarrasins à cette époque troublée.

Avec une source située à l’arrière, « la Forteresse » pouvait abriter une vingtaine de personnes avec leurs vivres.

Anecdote :

A Gandon près du camp Romain se dresse la curieuse chapelle Saint Vincent. Avec sa porte romane, ses fenêtres taillées en meurtrières et ses vestiges de fresques, cet édifice religieux a toujours intrigué ses visiteurs.

Les fouilles effectuées ont révélé des objets d’époques très différentes parmi lesquels une stèle gallo-romaine décorée d’un symbole astral, formé d’un croissant fermé dans une triple moulure. Ce signe représenterait les espoirs d’une vie meilleure dans l’au-delà, selon les spécialistes des antiquités romaines.

La légende prétend que ce message indiquerait la proximité d’un trésor enfoui non loin de la chapelle.

Les fouilles entreprises pour le retrouver se sont jusqu’à ce jour avérées vaines.

Extrait des « Histoires et Légendes des Balcons d’Azur » Ce livre est édité par les "EDITIONS CAMPANILE" http://www.editions-campanile.fr

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Ouvrage illustré, de 160 pages, également disponible dans toutes les bonnes librairies au prix de 18 € et dédicacé par l'auteur, en contactant: edmondrossi@wanadoo.fr

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